Préjugés  ou réalités ?

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La Voix de l'Est

La très courte lettre de M. Yves Grandmaison parue le 14 janvier (Préjugés religieux) n'avait pour fonction que de liquider comme ça d'un simple coup de balai des propos avec lesquels il n'était pas d'accord. Quoi de plus simple que de les qualifier en bloc de préjugés et de propos diffamatoires et d'affirmer en même temps que l'auteur est frustré ou ignorant? Il aurait été beaucoup plus éclairant, M. Grandmaison, que vous preniez la peine d'identifier les propos qui vous semblaient faux et d'expliquer en quoi ceux-ci ne reflètent pas la réalité; ainsi, nous aurions pu profiter de votre immense savoir sur le sujet. D'ailleurs, les quelques lignes écrites par vous, M. Grandmaison, demandent des éclaircissements. En effet, que signifie la phrase suivante: «l'humain a toujours cherché le pouvoir et utilise tous les moyens pour l'obtenir»? Vous auriez pu préciser aussi qui est le «messager de Dieu» et quelles sont «les valeurs de Dieu».

À moins de vivre dans une bulle, l'actualité nous informe quotidiennement de gestes et de propos qui confirment les idées émises dans ma lettre «Croire, c'est facile, mais réfléchir c'est plus difficile». Elle nous rapporte régulièrement les pseudovaleurs réactionnaires et rétrogrades que proposent les leaders des mouvements religieux et en particulier, les croyants fondamentalistes. C'est probablement le caractère véridique de ce constat qui vous a ulcéré.

Nous avons la chance inouïe de vivre en 2013 au Québec, pays de liberté de conscience, de liberté de religion et de liberté d'expression. Actuellement, dans certains pays où des courants religieux fondamentalistes cherchent à établir des gouvernements théocratiques, les citoyens ne jouissent pas de ces libertés. Dans l'histoire de l'humanité, à certaines époques occupées par des dictatures de droit divin, ces mêmes libertés n'existaient tout simplement pas. Mais aujourd'hui, grâce à la multitude d'informations qui circulent à la vitesse de l'éclair, nous avons une meilleure connaissance des courants religieux présents à travers tous les continents et nous, Québécois, pouvons en toute liberté nous exprimer pour les promouvoir ou les pourfendre sans être emprisonnés ou brûlés vifs.

L'humanité a grandement évolué et, pour son plus grand bonheur, elle a réussi à réduire l'influence des pouvoirs religieux sur les pouvoirs civils. Dans tous les pays où ce principe s'est implanté, les libertés individuelles et collectives de même que le vivre ensemble harmonieux ont progressé de manière admirable et extraordinaire. Dans l'espace privé et dans l'espace public de ces démocraties, les citoyens ont le droit d'affirmer leurs croyances, d'observer leurs prescriptions et de participer à leurs rituels en autant que tout cela n'aille pas à l'encontre des lois établies. Par contre, concernant le fonctionnement de l'État, les sociétés évoluées et démocratiques exigent que le travail législatif du gouvernement et l'exercice des services publics s'effectuent dans un encadrement neutre nullement influencé par les normes et les caractéristiques du monde religieux.

Quelle époque formidable, résultat d'un long processus de sécularisation s'étendant sur plusieurs siècles! Malgré l'opposition fanatique et sournoise de certains intégristes religieux, cette longue marche de libération doit poursuivre sa route avec confiance et détermination.

André Beauregard

Shefford

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