Justifier la violence de donner la mort

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La Voix de l'Est

Le gouvernement du Québec vient de faire l'annonce qu'il proposera bientôt un projet de loi visant à appliquer les recommandations de la commission Mourir dans la dignité. Si cette loi est adoptée, les médecins pourront être contraints d'administrer l'injection létale à la demande d'un patient atteint d'une maladie grave «sans espoir de guérison». Dans les cas où ce dernier ne serait pas apte à prendre une telle décision, la demande pourrait être faite par l'entourage.

On s'indigne de voir qu'on tente de dissimuler à la population la réalité du meurtre sous le couvert de mots fallacieux qui suggèrent une intention noble et légitime. On imagine bien que la stratégie est de tenter de justifier la violence d'un acte donnant la mort, comme si c'était possible, en lui juxtaposant les termes «dans la dignité».

On peut se demander quelles sont les motivations du gouvernement à imposer les vues d'une idéologie qui permettrait de transgresser notre pacte social de l'interdit de tuer. Est-ce par malaise vis-à-vis la dégénérescence? On peut penser en effet que plus que la souffrance, c'est l'image même de la souffrance qui dérange. Pour la souffrance, on sait qu'on peut compter sur les soins palliatifs qui agissent efficacement, tandis que l'image de la souffrance, elle, peut en déranger certains, alors peut-être qu'on souhaite l'éradiquer en éliminant le souffrant? Ou encore est-ce que c'est pour des considérations d'ordre économique? On sait que la population est vieillissante, qu'on manque de lits dans les hôpitaux et que cela coûte très cher à l'État pour assumer des soins de longue durée; alors peut-être qu'on compte faire certaines économies en offrant au patient, ou à son entourage, l'option d'en finir avec la vie? Mais quels que soient les motifs, rien ne peut légitimer de dénaturer la médecine (du latin medicus «qui guérit») en quelque chose «qui tue». De plus, instrumentaliser le médecin pour en faire un «exécuteur» d'actes, dont l'activité s'organiserait autour de la maladie plutôt que du malade porterait un préjudice irréparable à la relation patient-médecin et entraînerait une méfiance tout à fait justifiée de la population face au système de santé.

Comme peuple, on doit s'inquiéter de voir la démocratie s'éroder à très grande vitesse au profil de la dictature du relativisme moral, comme elle le fait, avec toutes les répercussions que cela apporte sur des enjeux de société aussi importants que celui-ci. C'est à nous de faire entendre notre voix au gouvernement pour lui rappeler qu'il existe des droits inaliénables et que l'un d'entre eux, peut-être le plus important, est celui du droit à la vie et de son respect du début à sa fin et que les lois devraient protéger ces droits et non les menacer.

Dominique Rainvilleet Martin Thérer

Bromont

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