Croire, c'est facile, mais réfléchir, c'est plus difficile (deuxième partie)

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La Voix de l'Est

Chez les fondamentalistes, l'encadrement religieux prend souvent une allure sectaire très questionnable qui s'exprime parfois par le mépris et la méfiance des autres. Ceux qui n'ont pas la même foi qu'eux doivent absolument être convertis ou même combattus. En fait, les autres sont spontanément perçus comme des obstacles et parfois comme des ennemis. De plus, les fondamentalistes mettent tout en oeuvre pour se protéger. C'est pourquoi, ils enferment leur vie familiale et scolaire dans une bulle, ferment les portes et les fenêtres à toute forme d'information et de recherche. Ils condamnent à titre d'interprétations sataniques les découvertes scientifiques qui permettent de mieux comprendre les livres sacrés. Ils sont convaincus de posséder la vérité absolue basée sur des textes mythiques retrouvés dans les multiples traductions et transcriptions des traditions orales datant de plusieurs millénaires et issues des civilisations antiques.

Un autre élément caractérise le monde religieux, c'est la conception fondamentaliste de la divinité qualifiée de Maître d'oeuvre omniprésent et d'Être suprême cumulant tous les superlatifs. Ces croyances fondamentalistes alimentent le rêve d'un monde dirigé par un gouvernement théocratique anti démocratique, anti égalité homme-femme, anti recherche scientifique, anti cohésion sociale. Dans ce contexte, aux yeux des fondamentalistes, tout ce qui touche les humains a très peu de valeur. C'est vrai pour leur vie, leur intelligence, leurs oeuvres humanitaires, leurs lois, leurs efforts de paix. L'expression qui résume leur perception des hommes et des femmes qui les entourent est simpliste: ce sont tous des pécheurs incapables de progresser par eux-mêmes; seul Dieu peut les sauver, un Dieu construit à leur image, un Dieu mesquin, rancunier, multipliant les critères de sélection et d'exclusion.

Aujourd'hui, dans nos sociétés évoluées, le fanatisme des religions monothéistes côtoie quotidiennement le phénomène de l'indifférence. Le caractère archaïque des constructions théologiques, les rituels magiques se rapprochant de la sorcellerie et les prescriptions morales et sociales venues d'un autre âge éloignent avec raison les générations du 21e siècle.

Bien sûr, des continents entiers ont été façonnés par ces institutions religieuses qui les ont colorés par des oeuvres architecturales, des productions artistiques, la toponymie du territoire et de nombreuses traditions et coutumes folkloriques. Mais, il y a au sein de l'Humanité une force progressiste qui avance inexorablement vers de nouvelles façons d'envisager notre monde et face auxquelles les religions cimentées dans leur conservatisme obstiné deviennent un boulet pour l'évolution du monde. Elles ne sont ni le sel de la terre, ni la lampe dans la nuit, mais un éteignoir. Peu à peu, comme disait le charpentier de Nazareth, la société doit faire le ménage dans l'héritage reçu: elle doit conserver ce qui peut servir et jeter ce qui est dépassé. Cette attitude conduit des pans entiers de l'Humanité à prendre le tournant de la sécularisation. L'évolution du monde repose maintenant sur la connaissance, la réflexion et le sens critique et non sur une pseudo révélation imposée en bloc dès l'enfance. Bien sûr, croire, c'est facile, mais réfléchir, c'est plus difficile.

André Beauregard

Shefford

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