Noël pour tous

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La Voix de l'Est

La période de Noël touche presque tout le monde. Au-delà des décorations, des rencontres, des cadeaux, Noël appartient à l'univers émotionnel, culturel et religieux des humains. Décorations, chants, lumières, crèches, toute cette imagerie a quelque chose d'attendrissant: on ne peut y échapper. On ne fête plus le solstice d'hiver comme les peuples de l'ancien temps. Mais depuis au moins le IVe siècle, en Occident, la fête a pris une tournure chrétienne avec les lumières, la musique, les chants, le sapin décoré, l'étoile, les anges, la crèche, les bergers, les Rois mages: elle renvoie à la naissance de Jésus de Nazareth. La fête peut avoir une fonction hautement éducative, indépendamment de la religion ou non-religion professée. Comme la réflexion sur la naissance et la vie de tous les grands personnages, Bouddha, Gandhi, le Dalaï-Lama, mère Teresa, etc. Voyons quelques pistes.

Noël évoque d'abord le symbolisme de la naissance, l'irruption du nouveau, de l'inédit. À la naissance sont rattachés la joie d'une nouvelle vie, l'espoir de bonheur pour l'enfant et pour les parents, la confiance que le monde peut devenir meilleur. Chaque naissance est une promesse inouïe de renouvellement pour l'humanité.

Au-delà des courses et du travail, Noël est la fête des enfants et de la famille. Fête aussi de l'amitié quand la famille n'est plus présente ou plus significative. Que de liens importants à préserver et cultiver.

Ceux qui font un rapport étroit avec les écrits évangéliques y verront la naissance du Messie. D'autres seront sensibles au récit d'une jeune femme enceinte, pouvant passer pour une mère célibataire susceptible d'être lapidée (sanctions existant au sein d'une culture patriarcale), mais qui a été pleinement accueillie, avec son enfant, par son amoureux qui n'en était pas le père.

À un autre point de vue, on peut être frappé par le fait que le récit de la crèche est centré sur l'exclusion. Il n'y a pas de place pour le Messie sous le toit de son peuple. Les bergers pratiquaient un métier méprisé, ils avaient la réputation d'être malveillants et voleurs, ce sont pourtant eux que le récit prend à témoin. L'idée est accentuée dans le désir d'Hérode de tuer l'enfant, et dans l'obligation pour la famille de fuir en Égypte. Pas de place pour eux dans leur propre pays! Très appropriée, alors, une réflexion sur l'exclusion trop fréquente dans nos sociétés... et l'accueil qui devrait plutôt s'imposer.

La pauvreté de la crèche, la simplicité des bergers, les dons des Rois mages évoquent des valeurs de respect et de partage. Par-delà ce qu'il peut y avoir de commercial ou de conformisme dans l'échange de cadeaux, il y a, souvent, au fond une manifestation de partage, de don, d'amour. Au-delà de ce qu'il y a de limité dans les guignolées pour établir l'équité et la justice, celles-ci constituent des gestes d'entraide irremplaçables. Et elles peuvent contribuer à changer le coeur.

Fête légale dans plusieurs pays, Noël instaure un temps d'arrêt dans la vie de travail, un temps de répit dans nos activités besogneuses, un temps de repos. Elle marque que les hommes et les femmes ne sont pas confinés à leurs tâches matérielles. Paradoxalement, malgré l'exploitation commerciale et l'artificialité de certaines rencontres, grâce aux décorations, symboles, chants et gestes authentiques, Noël offre des occasions de réflexion. Il ouvre un chemin vers l'intériorité: la rentrée en soi même, la reconnaissance de l'autre dans sa subjectivité. Ce faisant, il peut ouvrir à la transcendance, voire à la méditation et à la prière. À travers toutes les manifestations, même déformées, c'est un peu le sacré qui fait signe avec toute l'ambiguïté et la richesse de la notion de "sacré". L'attention au mystère n'est jamais loin d'émerveillement.

Bref, il y a dans le rituel de Noël une manifestation symbolique de ce que la vie est et devrait être: joie, confiance, renaissance, fraternité, accueil, partage. Toute société a besoin de rituels, fêtes et symboles. Aussi, par-delà la commercialisation, chacun peut essayer de faire de Noël une occasion d'intériorisation, de réflexion, de relations vraies. Si le symbole du gros bonhomme rouge et joufflu s'y prête peu, on peut se centrer sur les symboles de la crèche, des bergers et de l'étoile. La part du mythe dans le récit évangélique n'enlève rien à la richesse et la fécondité du fait originel, des rituels et des symboles.

Guy Durand, Dunham

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