Nos droits et nos devoirs

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La Voix de l'Est

À la lecture des propos de Mme Fradet (publiée dans La Voix de l'Est du samedi 8 décembre), je partage son point de vue et j'endosse dans une certaine mesure sa position concernant le suivi systématique des personnes atteintes de troubles mentaux. Et ce, pas seulement pour le bien du patient, mais également pour celui de son entourage.

Toutefois, à mon sens, il peut s'avérer difficile d'établir une échelle de dangerosité, car la psychiatrie est loin d'être une science exacte. Il n'y a qu'à penser aux témoignages contradictoires des psychiatres dans des causes comme celle de Guy Turcotte. Pour un même patient présenté à cinq psychiatres différents, vous courez la chance d'avoir trois diagnostics différents.

Miser sur la collaboration, sur des approches bio-psycho-sociales paraît une formule incontournable, mais à la condition de revoir nos balises par rapport à la confidentialité afin de rendre les informations pertinentes fluides. Parfois, les intervenants ont tendance à se réfugier derrière cette confidentialité, ce qui ne facilite en rien la collaboration.

Nous aurions intérêt à développer des outils plus raffinés en ce qui concerne le suivi du traitement par le patient. La proportion de patients réhospitalisés suite à un arrêt de médication est effarante.

Convenons que cette médication n'est pas facile à prendre physiquement et socialement. L'image de la folie et de la débilité nous hante et nous les confondons avec la maladie.

À chaque fois qu'un tel évènement se produit, on déplore le sous-financement des organismes dédiés à la cause et on exige plus de ressources. Il est vrai que nous manquons de ressources, mais, avant de pallier ce manque, il importe de revoir certains paramètres. À commencer par l'équilibre entre nos droits et nos devoirs; nous avons oublié d'associer nos droits aux devoirs s'y rapportant. Oui, nous avons le droit d'être soignés adéquatement et promptement, mais nous avons aussi le devoir de prendre soin de notre santé. Lorsque notre jugement est perturbé par une maladie mentale, les systèmes de santé et juridique doivent se donner les moyens d'agir efficacement: c'est leur devoir.

La longueur des listes d'attente associée à la lourdeur du système judiciaire ne favorise en rien la prise en charge, en plus de nous coûter une fortune. Par exemple, lorsqu'un juge décrète qu'une personne a l'obligation de demeurer à l'hôpital, il devrait être convenu que cette garde en établissement inclue également une obligation de traitement. Nous ne devrions pas avoir à retourner devant le juge pour lui demander une ordonnance de traitement. C'est à la fois très coûteux, et c'est une perte de temps.

Des dérapages, il y en aura toujours et nous n'aurons de cesse de nous remettre en question. Face au risque, il nous faut nous demander quelle tolérance nous pouvons assumer comme société, mais il est utopique de penser que nous atteindrons le risque zéro même si nous optons pour la tolérance zéro.

Cloé Boisvert

St-Joachim-de-Shefford

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