Ce n'est pas la décision du siècle

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La Voix de l'Est

J'espère que les dirigeants de la Caisse populaire de Granby-Haute-Yamaska ne s'attendaient pas à recevoir des félicitations en annonçant la fermeture du centre de services de la rue Principale à Granby. Au commentaire de Michel Laliberté paru dans La Voix de l'Est du 29 novembre, nous pourrions ajouter que Desjardins est dans le champ... ailleurs au milieu de nulle part.

Après la fermeture de la Caisse Boivin sur la rue Court, il y a quelques années, la légendaire institution fuit le centre-ville une fois pour toutes en suggérant à une partie importante de ses membres de s'adonner à la marche. Ils n'auront qu'à aller au siège social, c'est tout proche, nous disent ces mêmes dirigeants. Et pourquoi pas aux comptoirs de Bromont ou de Saint-Paul? Ou à la CIBC ou à la Banque Nationale ou à la Royale, tant qu'à faire? Le choix est grand.

Cette douteuse décision s'inscrit tout simplement dans la recherche d'une plus grande rentabilité comme pourrait le faire les institutions bancaires traditionnelles. Nous connaissons la chanson.

Sans reculer dans le temps, Alphonse Desjardins voulait contribuer au mieux-être des individus par la fondation de la Caisse de Lévis. Il serait peut-être approprié que les dirigeants de la Caisse Desjardins de Granby-Haute-Yamaska réécoutent l'allocution prononcée en 2010 par Madame Monique F. Leroux, présidente et chef d'exploitation du Mouvement Desjardins qui souhaitait améliorer l'accessibilité des points de services et des guichets automatiques de Desjardins. L'accessibilité ne veut pas seulement dire développer un site Internet et la facilité l'accès des édifices aux personnes handicapées.

Accessibilité veut aussi dire proximité. Dans ce sens, la récente décision concoctée par les dirigeants de la Caisse de Granby-Haute-Yamaska s'inscrit à des années lumières de ce que signifient des services de proximité: ce qui est proche dans le temps et dans l'espace. Pour les dirigeants de la Caisse de Granby-Haute-Yamaska, la proximité semble synonyme de la mise en place d'une étrange distance. Ils confondent proximité et alentours: évidemment, le siège social se situe sur la même rue.

Après nous avoir fait le coup de la fermeture du Centre de services de la rue Principale, nous pouvons nous demander quel autre centre de services subira le même sort. Denison, les Halles, le boulevard Leclerc?

En avant la rentabilité. En s'inscrivant dans cette dynamique de fermeture, les dirigeants copient les orientations qui sont à la mode du jour dans d'autres domaines d'activités sur le plan mondial. En s'inscrivant dans cette dynamique de fermeture, la Caisse Desjardins de Granby-Haute-Yamaska, sur un plan local, fait les mêmes entourloupettes qu'Air Canada qui a fermé le centre d'entretien de ses avions ou que l'usine Whirlpool, qui s'en est allée chez nos voisins du Sud.

Service à la clientèle, engagement envers sa communauté, rayonnement, proximité sont devenus des maux. Ils sont remplacés par centralisation, réduction des coûts de main-d'oeuvre, rentabilité et augmentation de la ristourne à la fin de l'année.

Perdre son âme pour quelques peanuts de plus... nous fait dire que les dirigeants de la Caisse de Granby-Haute-Yamaska aiment bien les cacahuètes.

Bernard Fournelle

Granby

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