Le Canada a eu raison de voter contre la résolution de l'ONU qui fait de la Palestine un État observateur

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La Voix de l'Est

Le 29 novembre dernier, l'ONU se prononçait en faveur du statut d'observateur de la Palestine. Sur les 193 pays qui ont le droit de vote à l'ONU, seulement 9 ont voté contre; dont le Canada et les États-Unis. D'aucuns diront que le Canada adopte une politique des affaires extérieures de type «voisin gonflable». Les adeptes de cette idéologie n'ont rien compris des véritables enjeux qui se jouent présentement au Proche-Orient. Sans vouloir me faire le porte étendard du gouvernement conservateur en matière de politique internationale, la position canadienne dans ce conflit démontre une volonté sérieuse de la part du Canada à miser sur un règlement à long terme concernant la question palestinienne.

Il est vrai que, dans un passé assez récent, la réputation du Canada en matière de politique internationale en a pris pour son rhume. Pensons à «l'affaire Bernier» ancien ministre des Affaires extérieures du Canada qui oublia des documents (de l'OTAN) classés «top secret» chez son ancienne conjointe. Notre ministre de l'époque semblait plus préoccupé à faire la livraison de gâteaux Vachon à nos soldats en Afghanistan qu'à s'occuper des véritables problèmes.

Tradition diplomatique

Nous sommes à des lunes des Lester B. Pearson et des Louise Harbour de ce monde. Rappelons que Lester B. Pearson a reçu le prix Nobel de la Paix pour son implication dans le dénouement d'un épisode du conflit israélo-palestinien: la crise de Suez, en 1956. Dans ce conflit surnommé la «deuxième guerre israélo-arabe», le Canada s'est montré un précurseur pour son initiative de déployer une force onusienne neutre entre les parties belligérantes, à savoir l'Égypte et Israël. Dès lors, les Casques bleus étaient nés. Quelle belle visibilité pour le Canada! Et que dire du rôle que joua Mme Harbour à la Cour pénale internationale et comme commissaire au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme? Ces deux exemples démontrent que le Canada n'est pas un pion dans l'échiquier politique mondial.

Accorder un statut d'État observateur, voir d'État membre à l'ONU aux Palestiniens, ne règlera absolument rien aux différents problèmes actuels du conflit. Voici en résumé les différents problèmes auxquels le Proche-Orient aura à faire face:

Les coloniesen territoires palestiniens: Plus de 500 000 colons juifs sont présentement en territoires palestiniens arabes. Quel sera leur sort après la création d'un État palestinien? De plus, Israël ne semble pas prêt à cesser ses colonisations malgré le désaccord de la communauté internationale.

La délimitation des frontières: Les Palestiniens réclament, que les frontières d'avant 1967 tiennent compte du nouvel État palestinien. Bien sûr, Israël est contre. Qui imposera les frontières d'un État palestinien? L'ONU, comme en 1947?

Jérusalem: Lors du plan de partage de 1947, Jérusalem devait se trouver intégralement en Cisjordanie. Or, Jérusalem est actuellement sous le contrôle d'Israël. L'État hébreu semble inflexible sur ce point.

Ces exemples démontrent, sans l'ombre d'un doute, qu'il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour trouver une solution pacifique au conflit et rendre justice aux Palestiniens. De plus, mentionnons les réticences du Hamas à s'asseoir à la table de négociations.

Qui plus est, accorder un «membership» en règle à la Palestine comme État lui permettrait de poursuivre Israël de crimes de guerre en Cour pénale internationale. Ce n'est pas par les tribunaux que se règlera ce conflit. En accordant à la Palestine le statut d'État observateur, l'ONU risque de faire la même erreur qu'elle a faite en 1947 par la résolution 181 en créant l'État d'Israël, sans aucune considération pour les Palestiniens arabes. L'ONU doit être un organe qui incite à la résolution de conflits et non un lieu où l'on tente d'imposer son dictat.

Le Canada, par son vote, démontre une volonté de forcer les négociations entre Israéliens et Palestiniens. Par le fait même, le Canada montre au reste de la planète une volonté réelle de régler ce conflit sur des bases durables.

Marc Gagné

Enseignant en histoire et éthique et culture religieuse à Granby

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