L'intimidation, toujours présente

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La Voix de l'Est

On en parle. Encore. On la dit omniprésente auprès des jeunes à l'école et depuis quelque temps dans leurs réseaux de moins en moins sociaux. On la dénonce. Des centaines de programmes ont été créés. Des fondations ont vu le jour. L'Assemblée nationale a même adopté une loi (56), en mai dernier, pour la contrer. Mais elle persiste et signe. Car elle a la vie dure.

Les enfants en seraient les principaux acteurs et auteurs. Le harcèlement leur permettrait de prendre leur place. Du policier aux psychoéducateurs, on tente de faire comprendre à ces enfants que frapper son voisin physiquement, psychologiquement ou verbalement, n'est pas la solution. Vidéos, jeux de rôle, semaine de sensibilisation, pancartes et textes écrits sur des petits cartons mis en ligne n'ont pas permis au phénomène de se taire. Très peu dénoncent et bien peu savent comment y mettre fin.

Et vous, le savez-vous?

Quel cours 101 sur l'intimidation avez-vous suivi? Qu'est-ce que vous répondez à celui qui menace votre intégrité? Pour prévenir et traiter les manifestations de violence, il faut d'abord avoir été préparé à un tel rôle.

Les études nous révèlent que de 10 % à 15 % des enfants d'âge scolaire seraient intimidés ou seraient des intimidateurs, mais bien peu s'inquiètent du fait qu'entre 17 % et 20 % des enseignants sont victimes de violence de la part de collègues (Janosz et al., 2009). Les jeunes ne sont pas les seuls à vivre ou subir du harcèlement. C'est la loi du plus fort. Votre milieu de travail comme votre milieu familial n'en est pas exempt. Les réseaux sociaux en sont truffés. Il n'est pas rare de constater que des individus dénonçant l'intimidation se servent allégrement de leur plume ou de leur tribune pour asséner des coups à leurs têtes de Turc. Paradoxal, quand on prétend défendre le plus faible.

Elle est partout. L'école n'est que le pâle reflet de notre société. Se pourrait-il que les plus vieux déteignent sur les plus jeunes?

Vous aussi avez constaté à quel point le contenu des jeux vidéo est sanglant. La violence fait vendre. Son impact négatif sur le cerveau des enfants comme sur celui des adultes a été maintes fois démontré.

Une société malade de haine? Est-ce qu'on se venge de nos douleurs en faisant souffrir les autres? Bien que le phénomène soit mondial, le Canada fait piètre figure. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il figure au 27e rang sur 35 pour le nombre de jeunes victimes d'intimidation. Ce n'est pas banal.

Dans quelques jours, il y aura un an que la trop jeune Marjorie Raymond, ostracisée à répétition, aura mis fin à sa souffrance. Sa mort a secoué tout le Québec. Souhaitons que cette onde de choc nous rappelle que l'intimidation n'est pas un phénomène de cour d'école, mais bien un problème grave de société.

Marie-Danielle Lemieux

Granby

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