Le nerf de la guerre, c'est l'argent

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La Voix de l'Est

Tout le monde est d'accord avec cette idée, excepté certains politiciens, tant au plan municipal que provincial. Depuis de nombreuses années, à travers des budgets toujours présentés de manière alambiquée et remplis de tours de passe-passe, ils ont réduit la participation fiscale des compagnies, le nombre de paliers d'imposition des particuliers et l'impôt foncier. Conséquence: les revenus en moins se calculent en milliards. Ce stratagème leur permet de tenir un discours redondant: «La municipalité ou le gouvernement doit gérer comme un bon père de famille en respectant les limites de ses moyens financiers...» Moyens qu'ils ont pris la peine de réduire de manière drastique! La solution envisagée: baisser les investissements dans les programmes, mais, ils n'osent pas, et avec raison. Alors, ils se tournent vers la création ou l'augmentation de la tarification des services: les universités, les soins de santé, les activités récréatives et culturelles, l'électricité, etc.

Dans votre lettre intitulée «La comptabilité créative de la gauche», M. Jules St-Pierre, vous vous êtes permis de petites caricatures qui ne prouvent pas grand-chose, mais elles attirent l'attention sur la nécessité d'une gérance responsable adoptée par les gouvernements et les administrations municipales. Or, c'est précisément là que les divergences pourraient arriver. Qu'est-ce qu'une gérance responsable? À part quelques expressions, il me semble que nos positions sont loin d'être aux antipodes.

Bien sûr, «il faut s'attaquer à l'évasion fiscale, au travail au noir et à la corruption. Il faut s'assurer que l'administration et l'opération des services publics, de même que les coûts des grands chantiers, soient gérées de façon efficace». Ce sont là des évidences. La seule nuance que j'apporte à votre énoncé M. St-Pierre, c'est au sujet de l'échéancier: pourquoi ces gestes doivent-ils être posés «avant d'augmenter (ou de diminuer) les impôts... ou avant de couper les services ou plutôt, d'améliorer les services? Peut-on marcher et mâcher de la gomme en même temps? Il y a urgence sur tous les fronts. Un gouvernement créatif s'attaque à tous les problèmes en même temps.

Vous avez raison d'affirmer qu'un «gouvernement n'a pas le mandat de faire des profits, mais il a le mandat de redistribuer l'argent qu'il a prélevé afin de réduire les iniquités sociales». Depuis de nombreuses années, on entend les politiciens répéter: «Il faut créer la richesse avant de la distribuer». Ces mêmes politiciens, qu'ont-ils fait avec les impôts, les redevances et les abris fiscaux? Au lieu de prélever l'argent où il était, ils ont tarifié les services aux familles de la naissance à la mort. Une croissance économique bâtie sur la croissance de la pauvreté.

Il est vrai que «les statistiques actuelles nous démontrent clairement que l'endettement de plusieurs familles au Canada a atteint un seuil critique». Comment expliquer d'une part l'augmentation des dépenses en consommation de produits de toutes sortes et la multiplication de maisons très luxueuses et d'autre part, l'augmentation du nombre d'enfants qui reçoivent le petit-déjeuner à l'école, l'augmentation des besoins supportés par les campagnes de Centraide, le manque de logements sociaux et l'augmentation de personnes itinérantes? N'est-ce pas l'illustration bien réelle de cette triste conséquence de la comptabilité anticréative de la droite qui favorise les inégalités sociales en appauvrissant les plus démunis et en enrichissant les plus fortunés?

André Beauregard

Shefford

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