Tous les pays aux prises avec des problèmes économiques et budgétaires ne sont pas ce que nous appelons des pays sous-développés. Ce sont des pays qui ont été de puissants moteurs, jadis, de l'économie mondiale. Certaines de ces nations, dans un passé pas si lointain, ont colonisé des pays que nous appelons aujourd'hui sous-développés. Ils possédaient des empires où le soleil ne se couchait pas, se plaisaient-ils à dire. Des empires qui exploitaient à qui mieux mieux les ressources des contrées sous leur domination: ils s'enrichissaient à leurs dépens. Ils se sont imaginés riches. Ils ont créé des systèmes qu'ils ne peuvent plus honorer. Ils ont supporté des systèmes bancaires et des agences économiques qui dans bien des cas ont joué avec de l'argent de «Monopoly» pour accélérer une croissance artificielle.
Après avoir exploité les ressources de leurs colonies. Après avoir manipulé les chiffres. Après s'être endettés au-delà de toutes limites. Après avoir échafaudé des programmes hors du commun, ils se retrouvent, pour la plupart, incapables de maintenir leur fuite en avant. Ils sont rendus à déposer leur bilan: la planche à billets est en panne. «La balloune a pété».
Et le plus simplement du monde, ce sont les «Monsieur et Madame Tout-le-monde» qui font les frais de toutes les restrictions et compressions. Ce sont tous les «Jos Bleau» qui perdent leurs «jobs», leurs maisons, qui voient leurs retraites amputées pour nous en limiter aux conséquences les plus apparentes. C'est sans parler des drames sur les plans psychologique et familial.
Durant ce temps, ici comme ailleurs, nous voyons, nous entendons les représentants de la finance, des chambres de commerce, des organisations patronales s'offusquer parce que les gouvernements osent décréter qu'il faut revoir à la hausse le système de taxation, revoir le système d'imposition des revenus et des profits, revoir les frais pour l'exploitation des ressources naturelles. En soi, revoir des systèmes qui depuis toujours ont enrichi les nantis au détriment de la population en général.
À toutes ces jérémiades des nantis, ajoutons leurs menaces et leur chantage. Vous n'avez qu'à couper les salaires, les dépenses sociales, les fonctionnaires, les agences, les commissions scolaires, etc. Mais, vous ne touchez pas à nos acquis sinon on «sacre» notre camp en Chine, au Zimbabwe ou en Mongolie intérieure. La routine, quoi.
Et la conclusion de cette «énième» crise fera en sorte que ce sont tous les «Jos Bleau» qui, une autre fois, se feront exiger de corriger les erreurs que les institutions financières, les chambres de commerce et les organisations patronales nous auront fait subir. C'est comme ça que le tout s'est terminé en Irlande, en Islande. C'est comme ça présentement en Grèce, au Portugal, en Espagne et ailleurs. En attendant le prochain «free for all» économique. La routine, quoi.
Bernard Fournelle
Granby
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