Est-on plus éthique aujourd'hui dans son choix citoyen?

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La Voix de l'Est

Autrefois, les campagnes électorales se faisaient sur le perron de l'église après la messe du dimanche. La prise à partie entre des citoyens bleus et des citoyens rouges était si vive que des familles ne se regardaient plus du reste de l'année. Puis, vinrent les années de la Révolution tranquille et du vote plus affirmé des femmes. Mais gare à la conjointe d'un gars de famille bleue qui allait écouter à la salle paroissiale l'exposé d'un candidat rouge! Ça faisait jaser!

Aujourd'hui, les citoyens, hommes et femmes, peuvent rester plus discrets sur leur choix de vote, si voulu. Mais le goût de la bagarre en politique est encore propulsée en avant plan. Les médias sont un peu responsables de cette exacerbation émotive du discours politique. Le direct et la multiplication des débats et des face-à-face des chefs, ajoutent aux tensions entre partis politiques. De plus, les médias sociaux sont une autre tribune où certains communiquent impulsivement ou stratégiquement leurs opinions sur les propos des candidats vedettes. L'avivement des antagonismes politiques par les médias et l'emphase mise sur les chefs, sont en soi malsains. Du cynisme en résulte chez maints citoyens, chose qui peut se traduire négativement sur le taux de participation lors du vote.

Peu de citoyens du Québec résident dans les comtés de Charest, David, Legault et Marois. La plupart des Québécois auront donc à choisir entre des candidats multiples, souvent peu ou pas connus en dehors de leur propre comté. Or, le réel choix de l'électeur se situe justement entre ces candidats locaux du comté. Comment les évaluer? Connaissent-ils bien la plate-forme électorale de leur propre parti? Sont-ils capables d'écoute citoyenne? Une fois élu, seront-ils capables de représenter tous les citoyens de leur comté, au-delà des positions politiques de certains? Sauront-ils travailler en équipe avec les acteurs locaux? Ont-ils des aptitudes pour travailler en comité ou en commissions parlementaires, et ainsi faire avancer les dossiers de l'État? Peuvent-ils situer le bien commun avant leurs intérêts partisans?

Les engagements pris par les candidats locaux sont à soupeser. L'idée est-elle bonne en soi? Une telle promesse faite, a-t-elle été chiffrée, estimée économiquement, indiquée au cadre financier du parti? Y aura-t-il des retombées sociales négatives ou un impact sur l'environnement découlant de cette promesse? Ces coûts sont-ils aussi pris en considération? Il est de plus nécessaire de se demander si la mise en oeuvre annoncée de cette promesse est suffisamment claire. Sinon, tout ce discours risque d'être que voeux pieux et dépense inutile d'argent sans résultat tangible pour le peuple au bout du compte!

Enfin, se rappeler que l'on vit en démocratie. Elle sera directe quand vous irez voter le 4 septembre. Elle sera représentative quand l'élu dans votre comté vous représentera à l'Assemblée nationale. Mais encore, la démocratie est participative, quand en cours de mandat électoral, les citoyens expriment leur position sur un enjeu publique. Or, le gouvernement sortant avait déjà ouvert la porte à créer des zones franches exemptes d'approbation référendaire. Le projet de loi 47 en faisait exemple. Alors citoyens, soyez alertes et actifs à préserver la qualité de notre démocratie dans toutes ses dimensions.

Luce S. Bérard

Granby

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