Le Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP) tient à féliciter monsieur Réjean Genest pour la motion M-331 qu'il a fait adopter à l'unanimité à la Chambre des communes à Ottawa. Celle-ci fait état de la nécessité que le gouvernement se dote d'une «stratégie nationale relative à l'habitation visant à faire respecter, à protéger, à promouvoir et à satisfaire le droit à un logement sûr, adéquat, abordable et accessible».
À cet égard, la présente administration municipale de Granby a sans équivoque contribué à lutter contre la pauvreté par les projets de logements sociaux soutenus ces dernières années. Il s'agit d'un pas dans la bonne direction et nous l'en remercions grandement. Néanmoins, augmenter sensiblement le parc de logements sociaux devient une tâche plus qu'urgente. Lorsque nous comparons Granby à des villes similaires comme Saint-Hyacinthe ou Drummondville, force est de constater que le nombre actuel de logements sociaux apparaît nettement insuffisant. Selon l'analyse du Groupe Actions Logement-Habitation (GAL-H), un comité du Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP), avec une proportion de cinq logements subventionnés par un OMH (Office municipal d'habitation) par 1000habitant en 2006, il existe au sein de notre ville un écart considérable comparativement aux deux villes nommées précédemment. Ces dernières affichent respectivement un ratio de 9,8 et 10 de ce type de logements par 1000 habitants. En fait, Granby se classe en vingtième et dernière position par rapport à d'autres villes de taille moyenne du Québec.
Rappelons que pour subvenir adéquatement aux besoins matériels et immatériels, il s'avère impératif de ne pas dépasser 30 % des revenus du ménage. Malheureusement, trop de personnes se retrouvent avec un dilemme inacceptable: se loger ou se nourrir, se loger ou payer les factures de chauffage et d'électricité. À titre d'exemple, selon l'indice de développement des communautés, dans les secteurs des Galeries de Granby, du centre-ville de Granby et du parc Horner, plus de 40 % des logements privés non agricoles sont occupés par des locataires consacrant 30 % et plus des revenus du ménage aux coûts d'habitation.
Le déficit de logements sociaux n'est pas imputable à une seule cause, mais bien à une pluralité de facteurs. Par exemple, il importe de mentionner, sur le plan municipal, que le peu de projets de logements sociaux au cours des décennies antérieures a contribué à la présente situation. De plus, le désengagement financier des gouvernements fédéral et provincial a conduit à la détérioration de la situation. Au GASP, nous estimons que la tangente actuelle doit être inversée et qu'une bonification des subventions s'avère nécessaire pour garantir un logement décent à toute personne. Ne s'agit-il pas d'un droit fondamental?
Patrice Perreault,
Président du GASP
Nicolas Luppens
Coordonnateur du GASP