Le Québec s'enlise un peu plus, chaque jour, dans un débat que certains ont l'effronterie de nommer débat de société. Les reporters patrouillent les rues pour offrir aux manifestants un instant de célébrité. Rarement, les commentaires recueillis proposent un lien avec la hausse des frais de scolarité. Peu importe, les gamelles s'agitent. Têtes blanches, enfants, contestataires de tout acabit, la rue devient un jeu. Ce méli-mélo paraît-il, serait l'expression de la démocratie.
Je ne vois dans ce burlesque carnaval que la confirmation de notre incapacité à évoluer, à se débarrasser du carcan du statu quo. Ce refus est le premier furoncle de la décadence.
L'Histoire sera sans doute virulente lorsqu'elle racontera nos faiblesses.
Elle descendra en flamme la gestion malhabile, corrompue, primaire du gouvernement Charest. Le nom de Jean Charest sera dans les livres d'histoire, sans doute pour les mauvaises raisons.
Ce juge historique oxydera aussi le béton de la Dame. L'Histoire refusera à Madame Marois une quelconque stature politique. Elle confirmera que cette dernière a failli à sa tâche en refusant, par basse partisanerie, d'appuyer le gouvernement pour enrichir la connaissance, la recherche et l'avenir de la jeunesse de ce temps-là. Son rôle d'opposition devait être d'appuyer une incontournable nécessité qu'elle-même proposait dans les années 90.
Les historiens se montreront vitrioliques lorsqu'ils présenteront les leaders étudiants.
Leur intransigeance, leur mépris, le non-respect de leur signature les suivront dans l'histoire.
Malheureusement, notre refus de donner un avenir à notre société en cessant de se couvrir de la confortable couette des moratoires nous aura sans doute menés à l'assimilation, à tout le moins aux portes de la médiocrité.
L'Histoire est un juge impitoyable. Malheureusement, lorsque les historiens rédigeront le verdict, le mal sera fait. Le printemps érable aura été finalement un hiver démocratique.
Gilles Guay, Bromont