Palier fédéral
Je vous rappelle que déjà en 2004, les étudiants étaient sortis dans la rue pour contester les politiques du gouvernement Charest sur le financement de l'éducation alors qu'il convertissait 103 millions$ de bourses en prêts. Plus de la moitié de ces 103 millions provenaient des Bourses du Millénaire. Vous vous souvenez de ce programme fédéral créé en 1998 par Jean Chrétien et pour lequel le Parti québécois a livré toute une bataille afin d'en récupérer la gestion, selon l'accord de plein retrait avec compensation financière? On parlait à ce moment-là d'une somme de 625 millions$ pour le Québec que Pauline Marois et François Legault, à titre de ministres de l'Éducation, avaient réussi à récupérer. Plusieurs millions chaque année pour aider les étudiants moins fortunés à poursuivre leur formation. Pourquoi Jean Charest a-t-il renoncé à cette aide substantielle? Pourquoi, depuis toutes ces années, laisser à Ottawa tous ces millions?
Le NPD refuse de se prononcer sur la cause des étudiants, en invoquant que l'éducation n'est pas de compétence fédérale. Ce qui est juste au premier plan, mais comment peuvent-ils ignorer ce refus de Jean Charest à aider les étudiants? Ne sont-ils pas capables de calculer les centaines de millions qui sont restés à Ottawa depuis 2004? Comment peuvent-ils rester muets quand on tente de refiler la facture universitaire aux étudiants, alors que tant d'argent a été laissé au fédéral depuis huit ans? Leur chef Thomas Mulcair devrait bien s'en souvenir; il était un ministre du gouvernement Charest en 2004!
Palier québécois
Depuis 13 semaines, les étudiants mettent leur session en jeu pour une cause qui concerne tout le Québec, qui remet sur la place publique des choix que le Québec a faits et maintenus depuis les années 50. Plus concrètement, à court terme, cette grève aura de graves conséquences. D'ici quelques semaines, la crise étudiante va frapper dans le domaine de la santé et des services sociaux, puisque les titres d'emploi en pénurie vont manquer à l'appel. Ce seront nos proches nécessitant des soins qui subiront les conséquences de l'entêtement du gouvernement.
Palier municipal
En augmentant les frais de scolarité, en poussant les étudiants vers un plus grand endettement, le gouvernement Charest fait un mauvais choix pour l'économie du Québec. Les jeunes travailleurs lourdement endettés mettront des années à participer activement à la croissance de leur milieu. Ils n'achèteront pas de maison, ils ne fonderont pas de famille et malgré leurs diplômes, ne contribueront pas économiquement au dynamisme souhaité dans nos villages.
Je ne suis pas surprise de la réaction des fédérations étudiantes sur l'entente de principe de samedi dernier. En comptant sur la diminution des frais afférents, la responsabilité serait maintenant dans le camp des universités (...) Je ne fais pas confiance aux recteurs qui gagnent des salaires exorbitants. Je ne vois pas comment les étudiants qui se sont battus avec persévérance et conviction voudraient baisser les bras pour ces propositions douteuses.
Je dis bravo à Guy Rocher qui nous rappelle qu'en instituant les cégeps en 1967, la commission Parent posait un premier échelon vers la gratuité des études universitaires. Toutes les personnes nées après 1950 ont eu l'opportunité d'en bénéficier. Ne tenons pas pour acquis ce qui nous a permis de réussir dans la vie, peu importe le contexte familial dans lequel nous sommes nés.
Cette cause défendue avec enthousiasme par notre jeunesse, sans précédent dans notre histoire, mérite l'appui de la population et de tous nos élus, peu importe leur palier. C'est bien nous tous qui serons les premiers à payer durement les choix électoralistes d'un gouvernement pourri.
Christelle Bogosta
Vice-présidente du Bloc québécois de Brome-Missisquoi
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