Démocratie

La Voix de l'Est

Le mot est sur toutes les lèvres. Le politicien, la main sur le coeur, la voix chevrotante, nous parle de démocratie, du peuple et de sa volonté. L'opposition parlementaire fustige au nom d'une même démocratie bafouée qui ne répond pas à nos valeurs. Les étudiants connaissent aussi le mot, ils le galvaudent, exigent les démissions de ministres, s'offusquent que l'on ignore la démocratie étudiante ( je trouve le terme joli, mais hypocrite) qui brime les droits d'autres démocrates.

Lincoln a dit un jour que la démocratie était le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Le Québec d'aujourd'hui me semble très loin de ce concept. Aristote doit frémir dans sa tombe. Notre démocratie ressemble plus au jouet des groupes de pression.

Les politiciens qui nous gouvernent sont tous carriéristes et ne se soucient que de la teneur de leur curriculum vitae. Pour le bien de la société, on repassera.

Lorsqu'une situation conflictuelle se présente, le critère de leur positionnement se résume au nombre de votes qu'ils en soutireront ou y perdront. Le bien de la communauté pour aujourd'hui et demain compte peu ou prou. Le gouvernement affirme, l'opposition contredit. Il semble que la vérité n'existe plus. Lorsque nous trichons et magouillons, nous fermons les yeux. Mais, voilà qu'ils s'écarquillent démesurément lorsque l'autre est soupçonné. On s'accuse, se soupçonne, s'insulte. Chercher des solutions semble hors de portée. La partisanerie a ses codes. On ignore la morale et l'éthique.

Les leaders étudiants trahissent sans sourciller cette démocratie dont ils se drapent en refusant de condamner les vandales dans leurs rangs. Ils tiennent un langage hypocrite, indigne. On pourra chercher toutes les excuses du monde à la violence, elle ne sera toujours que l'expression du rejet de cette même démocratie.

Est-ce un signe de notre époque? Accepter de marcher aussi allègrement vers le chaos démontre hors de tout doute que la démocratie se meurt au Québec.

Si le gouvernement avait démontré droiture et transparence, l'opposition serait mal vue de chevaucher ce cheval. L'opposition aurait depuis longtemps tenté de faire comprendre aux étudiants qu'à tous les stades de notre vie, nous avons des responsabilités.

La démocratie ne se résume pas à aller cocher une case sur un bulletin de vote. La démocratie c'est de s'assurer que l'ensemble de la population pourra réaliser ses rêves et améliorer la société dans laquelle nous vivons. La gratuité n'a que des effets pervers.

Pour qu'une société se développe et grandisse, citoyens et politiciens doivent mettre l'épaule à la roue. Je vous rappelle une citation célèbre de John F Kennedy lors de son assermentation : ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays.

Le Québec deviendra fort le jour où les intérêts des groupes de pression ne domineront plus les droits des autres

Cette crise me trouble. Ces étudiants qui demain dirigeront manipulent la vérité et les euphémismes comme de vieux politiciens. Ils méprisent cette vérité qu'ils prétendent défendre. Est-ce illusoire que de souhaiter que nos étudiants respectent la démocratie. Laissez les plats indigestes de la démagogie aux vieux politiciens et syndicalistes qui nous affligent. Il nous sera alors permis d'espérer un mode meilleur.

Gilles Guay

Bromont

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