Lorsque les Charest et Marois de notre zoo politique s'associent à ceux qui crient, ils confirment leur manque de leadership. Est-il besoin de souligner qu'un chef doit motiver et mener ces commettants dans une direction favorisant le bien-être et le futur de la majorité.
Les leaders que nous avons élus omettent sciemment ce devoir. Ils naviguent plutôt au gré du vent, négligeant de garder le cap. Malheureusement, le vent des sondages mène rarement vers les rivages que nous devrions aborder.
Même les leaders étudiants souffrent des mêmes maux. Ils utilisent avec habileté la langue de bois et les acrobaties rhétoriques en parlant de démocratie. Un vote à main levée dans une assemblée surchauffée est tout sauf démocratique. Ce seront eux demain qui imposeront le remède nécessaire pour assurer la qualité de l'enseignement.
Les opposants au gouvernement Charest sont évidemment légions. Le lock-out étudiant leur offre une plateforme inestimable pour appuyer la grogne en évitant de discuter la réalité de notre économie et les choix que nous devons faire comme société pour en assurer la pérennité. Syndicats et oppositions de tout acabit s'évertuent pour mettre à mal le gouvernement sans se soucier de l'urgence. On nous proposera, sans doute, comme c'est coutume, des tables de concertation, des comités, des analyses, mais aucune action.
Le Québec craque sous les contraintes financières. Nos lunettes sont toujours roses.
Les coupures ne se justifient pas. Les dépenses, oui.
Il est grand temps de congédier ces leaders qui n'en sont pas. Ils privent le Québec d'une denrée essentielle: la vision. Je me surprends à espérer que François Legault saura irriguer la vie politique de sang nouveau. Toutefois, un doute sérieux me tenaille. Je serais étonné que mes concitoyens soient prêts à accepter les tribulations nécessaires au changement. Il est reconnu depuis toujours que nous souhaitons le changement, mais sans ne rien changer.
Je suis sans doute mauvais coucheur. Paranoïaque. Peut-être. Je persiste à croire que nous marchons gauloisement vers ce mur de l'indifférence où s'écraseront les rêves des générations montantes. Si la tendance se maintient, nous élirons un gouvernement péquiste qui investira temps, efforts et argent à démontrer que le Canada est dysfonctionnel. Notre pays sera le nouvel Éden.
Malheureusement, ce pays bucolique ne devrait pas être en tête de l'agenda. Il faut et de façon urgente positionner le Québec vers la croissance. Lui redonner une santé financière.
Y a-t-il dans nos rangs, des Québécois capables de nous convaincre d'accepter les sacrifices qu'exige la santé du Québec. J'en doute. Je garde tout de même espoir. Le rationnel, espérons-le, trouvera aussi son printemps.
Gilles Guay
Bromont