À la question de la semaine de La Voix de l'Est (20-27 février) «Êtes-vous d'accord avec la décision de la direction du Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB) d'imposer un droit d'entrée aux non-résidants de Granby?», 66 % ont dit NON. Personnellement, je n'ai rencontré aucune personne en faveur de cette décision (que nous espérons non décisive). Certains la qualifient de «folie» et d'«erreur». Il me semble qu'ons'embarque dans une aventure risquée. Pas de clôture, pas de barrière, pas de personnel supplémentaire... C'est presque dire: entrez ou vous voudrez (le choix des endroits est grand), si vous allez à l'entrée officielle, ce sera 5 $. Dans un article de notre quotidien, on a dit: si le centre est fermé, on pourra faire le tour du bâtiment. Pourquoi ne le ferait-on pas lorsque le centre est ouvert? Et surtout, n'oublions pas notre carte des loisirs, sans cela... il vous faudra entrer ailleurs qu'à l'entrée principale. D'ailleurs, combien de citoyens n'ont pas cette carte?
Et ce n'est pas vrai qu'on n'enlève rien aux citoyens de Granby avec un prix d'entrée exigé aux non-résidants. Entre autres, on nous enlève le plaisir de nous balader avec nos invités. Nous voulons leur montrer ce qu'il y a de plus attrayant dans notre ville. Nous aimons marcher avec eux au centre. À titre d'exemple: notre fils de l'Alberta vient passer un mois dans la région, chaque été. Sa famille y compte 7 membres: les parents et cinq jeunes (qui ne sont plus des enfants). Nous sommes souvent avec eux dans les sentiers. Lorsqu'ils viendront cette année, paieront-ils 35 $ chaque fois pour marcher avec nous dans nos sentiers? Pourquoi n'allons-nous pas au parc de la Yamaska? Parce que ça coute trop cher pour y marcher pendant une heure.
On a aussi dit que plus il y a de visiteurs, plus il y a de dépenses et l'on a parlé de poubelles. Soyons sérieux. Plus il y a de visiteurs, plus il y aura d'achalandage à la boutique, plus il y aura de visiteurs des expositions, plus il y aura de gens sur la rue Principale, aux Galeries, dans nos restaurants et commerces, plus il y aura de gens à vanter les attraits de notre ville, etc. Une ville, ça se vend. Le CINLB, c'est de la publicité gratuite pour la ville. Tout comme aux centres de Magog, de Sherbrooke et d'ailleurs.
Le but de s'autofinancer est peut-être louable. Je n'en sais rien! Un prix d'entrée, pense-t-on, ça rapporterait 20 000 $ par année. Bien d'autres moyens permettraient de récolter 20 000 $ au CINLB: organiser une bonne campagne de financement, augmenter le nombre des membres, démarrer la cantine de produits bio et de crème glacée, diminuer la dépense de réaménagement des sentiers. Les sentiers ont-ils réellement besoin d'être bordés de perches? Ceux du parc Terry Fox et des Boisés Miner sont merveilleux, sans ces ourlets couteux (en matériel et en heures de travail). Et personne ne serait contre le fait de SUGGÉRER aux visiteurs un prix d'entrée (ce serait plus sympathique que de l'exiger). Jusqu'ici, a-t-on été assez dynamiques et imaginatifs?
Il n'est pas trop tard pour tenir compte de l'opinion des promeneurs, des membres du CINLB, des citoyens. Une décision démocratique, ce n'est pas une décision cogitée par quelques-uns, mais une décision tenant le plus possible compte de l'opinion majoritaire des citoyens. Je m'interroge sur l'idéologie administrative qui se cache sous cette parole d'un dirigeant rapportée par notre quotidien: «À moyen terme, on ne parlera plus de tarifs. Ça va rentrer dans les moeurs»... Autrement dit: c'est moi qui décide; avec le temps, on avalera la pilule, même si elle est amère. Ça ne me semble pas être l'attitude d'un démocrate.
On pourrait en discuter avec les membres du CINLB. Ils ont peut-être des idées! Il faut qu'ils servent à quelque chose, les membres du CINLB! Il serait également facile de savoir ce que pensent les baladeurs du centre. Un bout de papier glissé dans la main de chacun, à l'entrée du centre, où chacun s'exprimerait ou du moins écrirait un OUI ou un NON. L'on pourrait ainsi prendre une décision plus éclairée. À moins qu'on ne veuille pas savoir ce que pensent les membres et les visiteurs.
Émile Roberge, Granby,
membre du CINLB