Les facéties de notre premier ministre

La Voix de l'Est

Entendre par «notre premier ministre» celui que le ROC (Rest Of Canada) a élu majoritairement le 2 mai dernier. Entendre par «notre premier ministre» celui qui ramène le Canada dans le droit chemin de la loi et de l'ordre à saveur conservatrice. Entendre par «notre premier ministre» celui qui a mis, dans un passé pas si lointain, le Parlement canadien en lock-out à deux reprises pour échapper aux règles démocratiques.

 

 

En plus de la Gendarmerie ROYALE du Canada, en plus de la Monnaie ROYALE du Canada, en plus de retrouver le faciès d'une reine d'un pays étranger sur notre monnaie et la photo de cette même reine dans les édifices du «Government of Canada», notre premier ministre canadian a décrété que la Marine et l'Aviation du Canada seraient aussi ROYALES. C'est sans oublier tous les autres organismes - musées, théâtres, instituts ou yacht club - qui affichent les vestiges d'un autre temps: le temps d'une conquête, d'une colonisation, d'une soumission.

Y a-t-il un quelconque pays, à l'exception de quelques îles perdues ailleurs au milieu de nulle part, qui a comme souveraine la reine d'un pays étranger? Ce n'est pas seulement le Québec qui est distinct par sa langue, son histoire, sa culture. Le Canada, pays indépendant faut-il le rappeler, se distingue en faisant de la reine d'un pays étranger SA souveraine. Toute gentille, aimable et francophile que soit Sa Majesté Élisabeth II, cette dernière est la reine de l'Angleterre.

Je veux bien croire que cette facétie ne nous empêche pas de mettre du beurre ou de la margarine sur nos toasts le matin, mais cela démontre que notre affranchissement n'est pas encore complet. Combien de millions de dollars nous coûtera cette ROYALE facétie?

Tant qu'à être une colonie, continuons le scénario. Notre ineffable premier ministre canadian, par l'entremise de son ministre du Patrimoine, nous convie à un gros «party» pour commémorer le déclenchement de la guerre de 1812. C'était une guerre coloniale, le Canada n'existait pas encore: c'était une guerre opposant les Américains, nouvellement indépendants, à la Couronne britannique. Le ministre a été incapable de dire combien de millions de dollars coûtera cette commémoration. C'est un pas dans la «nation-building» à la sauce conservatrice.

Après la bataille de Châteauguay, ça sera le jubilé de diamant de la Souveraine du Canada, le centenaire de la Coupe Grey, le 200e anniversaire de naissance de John A. Macdonald, le centenaire de la bataille de Vimy, le centenaire de la Ligue nationale de hockey, le 75e anniversaire de la bataille de Dieppe, le 150e anniversaire du Canada, le 25e anniversaire de l'Accord du libre-échange. Vous ne le saviez pas, mais notre premier ministre canadian est un «gars de party».

Tant qu'à être dans les commémorations d'événements et de personnes ayant marqué notre histoire, rappelons à notre ministre du Patrimoine: le 60e anniversaire de la première émission de Pépinot et Capucine diffusée le 10 août 1952, le 90e anniversaire de naissance de René Lévesque, le 24 août 2012, le 100e anniversaire de naissance de Félix Leclerc, le 2 août 2014. Pour faire plaisir à nos concitoyens du ROC, ces derniers pourraient célébrer le 80e anniversaire de naissance de leur bien-aimé Don Cherry, le 5 février 2014.

Trêve de facéties, notre premier ministre canadian a oublié le 55e anniversaire qui soulignait l'obtention du Prix Nobel de la Paix par Lester B. Pearson pour la création des Casques bleus de l'ONU. Est-ce vraiment un oubli? Ou veut-il tout simplement ne pas s'en souvenir? Mais en 2014, il va sûrement fêter le 50e anniversaire d'une chaîne de restaurants de beignets: il aime tant les beignets.

Bernard Fournelle

Granby

Abonnez-vous à La Voix de l'Est

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer