Respecter la population

La Voix de l'Est

Lundi dernier, les Waterlois étaient invités à une assemblée publique d'information à propos de l'acquisition du Manoir Maplewood par la Ville de Waterloo. Lors de l'assemblée, un citoyen aurait demandé qu'il y ait une «visite libre» organisée afin que la population puisse constater l'état du bâtiment. Une suggestion qui a été accueillie avec «enthousiasme» par le maire.

Pourquoi une telle assemblée faite par le conseil? Pourquoi ne pas s'être contenté des assemblées publiques ordinaires, requises par la loi? Il ne semble pourtant pas y avoir de contestation. Ce n'est pas une obligation, selon les lois qui régissent nos villes, de tenir une telle assemblée non plus.

Le respect. Voilà la raison, le respect de la population. Le respect de la démocratie. On n'engage pas une population dans des projets grandioses sans la consulter d'abord, particulièrement lorsqu'on l'endette, particulièrement lorsque le projet n'a pas été un enjeu électoral aux dernières élections. Un conseil qui a des projets sérieux n'a pas peur de les présenter à sa population AVANT de les réaliser.

Pendant qu'à Waterloo, du côté éthique à tout le moins, on vise le sommet, à Granby nous reculons. Il y a une dame à Granby, Mme Sylvie Brodeur, qui fait un travail exceptionnel en remettant en question la façon de faire de nos conseils municipaux qui abusent de la souplesse que leur offre la loi. Le 6 septembre dernier, elle demanda en séance publique, au maire de Granby Richard Goulet, ce qu'est la transparence selon lui. Voici une partie de sa réponse:

«On se pose plein de questions en séances préparatoires. Pis, vous aimeriez être assis dans le siège à côté de nous autres pendant qu'on parle de ça, pis vous pourrez pas le faire Mme Brodeur. Je suis désolé pour vous.

(...)

C'est votre propre jugement qui fait en sorte qu'un moment donné que vous aimez le travail ou pas de votre conseiller ou votre conseillère, pis c'est la même chose pour le maire. Pis une fois aux quatre ans les gens ont le droit de s'exprimer très librement de la façon qui pense que ç'a été administré pendant quatre ans.»

Pourtant, à Waterloo, les citoyens sont «assis dans le siège à côté du conseil» en ce moment. Ils n'ont pas eu besoin de brandir la menace d'un référendum pour avoir ce «privilège».

À Granby, c'est une fois aux 4 ans selon Richard Goulet. Mais êtes-vous au courant du processus de décision fait par votre conseiller? Sur quoi allez-vous baser votre jugement pour voter alors que la majorité des décisions sont prises sans qu'il y ait de discussion publique, sans qu'il y ait de présentation des différents points de vue étudiés? Lorsqu'on nous présente un projet à Granby, il est trop tard, tout est déjà finalisé, il ne sert plus à rien pour un citoyen de parler.

C'est la différence entre viser la moyenne et viser le sommet. Et depuis 6 ans, à Granby, nous régressons vers la moyenne en utilisant des méthodes de gestion dépassées alors que les municipalités avoisinantes (Bromont, St-Alphonse, Canton de Shefford, Waterloo) sont constamment en train d'innover avec des méthodes de gestion améliorées.

Le conseil de Granby a besoin d'un sérieux coup de barre. Et s'il ne le fait pas lui-même, ce sera à la population de le faire pour lui en novembre 2013.

Denny O'Breham

Granby

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