Gardons un oeil sur le dossier Pipeline Montréal-Portland...

La Voix de l'Est

Les élections fédérales canadiennes viennent de se terminer sur la cristallisation gauche-droite et le vrai travail commence maintenant pour la nouvelle Chambre des communes à Ottawa. Plus près de nous, notre nouveau représentant NPD, M. Pierre Jacob, va devoir s'atteler à étudier les dossiers importants du comté de Brome-Missisquoi que suivait son prédécesseur bloquiste, M. Christian Ouellet.

Pour ma part, le dossier de la sécurisation des installations pétrolières liées au projet de la compagnie Pipeline Montréal-Portland limitée dans notre région est plus que jamais d'actualité avec les nouveaux accidents d'oléoducs qui viennent de se produire en Alberta. Un oléoduc vieux de 44 ans a cédé encore une fois, provoquant une fuite de 28 000 barils de pétrole brut à Peace River dans le Nord albertain, le vendredi 29 avril dernier. Mais plus grave encore, il y a le décès cette semaine d'un ouvrier pétrolier et l'hospitalisation de deux autres personnes, suite à une fuite de sulfure d'hydrogène provenant d'un pipeline que les ouvriers nettoyaient à Fox Creek, selon les sources albertaines.

Encore une fois, il n'y a pas à faire le procès des professionnels qui travaillent dans le domaine du pétrole au Canada, mais bien de rappeler que les dirigeants et actionnaires de toutes les compagnies pétrolières cherchent avant tout le profit financier plutôt que la qualité de l'environnement et la sécurité.

Beaucoup de gens se sensibilisent de plus en plus au projet de PLPM suite aux désastres de BP et d'Enbridge qui ont démontré que malgré leur évangile rassurant, les bris pour défectuosité ont dangereusement augmenté en Amérique du Nord.

Depuis 2008, le comité de surveillance à Dunham, le CE Dunham, et de nombreux citoyens ont à coeur que les institutions publiques provinciales et fédérales effectuent un suivi technique et une expertise de sécurité sur l'ensemble du réseau de l'oléoduc entre Montréal et Highwater. Dernièrement, le maire de Potton, M. Marcoux, demandait toujours une inspection des installations de la station de pompage situées à Highwater.

Pour Pipeline Montréal-Portland, il semble qu'une course contre la montre soit engagée contre le risque de perdre des contrats de transport du pétrole bitumineux vers la côte est. Toutes leurs démarches pour briser le jugement du Tribunal administratif du Québec en leur défaveur, les prochains travaux de vidange sur le tube de 18 pouces par pression d'azote et surtout des actions de sondage sur leur pipeline annoncées au «bon voisinage» démontrent clairement que le projet Trailbreaker est encore en survivance.

L'office national de l'Énergie, garant de l'intégrité et de la sécurité des infrastructures pétrolières au Canada, prendra-t-il en compte l'augmentation des accidents sur des pipelines, pour enfin venir vérifier et expertiser un oléoduc datant de 1950? Ce dernier a officiellement sermonné PLPM pour les tubes hors terre montrés par Radio-Canada en juin 2010. Au niveau provincial, BAPE ou pas BAPE, quelle place donne le gouvernement Charest à la sauvegarde de l'environnement au Québec? Pour le ministre du MDDEP, même si M. Arcand connaît bien le dossier, la question est de savoir quel choix il doit faire entre profit économique et risque environnemental.

La rumeur veut que nos institutions publiques, ONÉ et MDDEP, auraient enfin pris conscience du risque réel d'accident, mais jusqu'à quel point? Peut-être est-il bon de rappeler que Le guide 2010 de la citoyenneté canadienne produit par le gouvernement conservateur indique clairement que «tous les citoyens ont la responsabilité d'éviter le gaspillage et la pollution, ainsi que de protéger le patrimoine naturel, culturel et architectural pour les générations à venir.»

Laurent Busseau

Dunham

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