La crème glacée... salée

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Avec cette nouvelle augmentation surprise, il est possible que le prix de la crème glacée, le yogourt et le fromage au détail augmente d'ici quelques mois.

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La Voix de l'Est

Avouons-le, les consommateurs ont été gâtés par la section des produits laitiers depuis environ deux ans. Les prix pour la crème glacée et le yogourt sont demeurés à peu près stables, tandis que ceux des viandes, des fruits et légumes explosaient. (...). Cependant, à partir du 1er septembre, tout cela pourrait changer. La Commission canadienne du lait à Ottawa a choisi de prendre une décision tout à fait insoupçonnée, et ce, en plein milieu de l'été soit dit en passant. La Commission qui a la responsabilité de calculer le juste prix du lait et du beurre à la ferme pour nos producteurs laitiers a décidé d'augmenter le prix du beurre d'environ 3 %. (...)

Bien sûr, le beurre est un ingrédient essentiel pour plusieurs produits laitiers comme la crème glacée, le yogourt et le fromage. Avec cette nouvelle augmentation surprise, il est donc possible que le prix de ces produits au détail augmente d'ici quelques mois. (...) Les producteurs sont satisfaits, mais l'annonce a soulevé la colère des transformateurs et restaurateurs qui dénoncent le geste fortuit de la Commission. (...)

Or, il est difficile de comprendre le raisonnement derrière cette hausse soudaine, compte tenu de l'état actuel du marché mondial. Le marché du lait, partout à travers le monde, est en chute libre.

En effet, le prix du lait à la ferme est en moyenne près de trois fois plus élevé au Canada qu'ailleurs dans le monde. Et la situation ne changera pas de sitôt.

(...) Les acheteurs de beurre industriel (...) reconnaissent que la prime supplémentaire à payer à partir du 1er septembre est en principe une taxe pour l'inefficacité de notre filière laitière. Pendant que nos transformateurs et restaurateurs paient davantage et s'affaiblissent, la concurrence ailleurs dans le monde épargne.

Depuis quelque temps, les producteurs agricoles se plaignent de voir les transformateurs importer du lait diafiltré au Canada en provenance des États-Unis. Le lait diafiltré, moins cher que le lait et le beurre d'ici, permet à nos transformateurs de diminuer le coût de leurs intrants. (...).

Au lieu de tenter de régler le problème du lait diafiltré, la Commission s'acharne en indemnisant les producteurs. Une vision tout à fait myope.

Avec cette nouvelle hausse, ne soyez pas surpris de voir plus de lait diafiltré pénétrer notre marché; signe indiscutable que notre système de la gestion de l'offre est en train de s'écrouler.

Sylvain Charlebois 

Doyen de la faculté en management

Professeur en distribution et politiques agroalimentaires

Université Dalhousie

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