Noël aux multiples facettes: traditions populaires

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Le sapin de Noël, tel que nous le connaissons, résulte probablement de l'amalgame de plusieurs traditions.

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Guy Durand
La Voix de l'Est

Deux autres traditions méritent un arrêt tant elles sont populaires: le sapin et la bûche.

Le sapin

Les peuples anciens vénéraient les arbres et les feuillages comme symboles de vie et d'immortalité. C'était vrai en Europe, notamment, pour le feuillage toujours vert du gui et du houx. Lors du solstice d'hiver, par exemple, en Scandinavie, on accrochait des pommes aux conifères pour se rappeler que le printemps et l'été allaient un jour revenir.

Les Hébreux et les premiers chrétiens portaient une attention particulière à l'arbre du Paradis terrestre, arbre de la connaissance du bien et du mal, arbre de la tentation originelle qu'une rapide tradition a associé à une pomme. Durant le Moyen Âge, on suspendait dans les demeures alsaciennes des branches de sapin, appelées «branches de Noël». Dans le théâtre populaire, joué sur le parvis des églises le 24 décembre, le décor comportait souvent, à côté de la crèche et des bergers, un arbre avec une pomme pour évoquer la tentation d'Adam et Ève au Paradis (le péché originel) et du pain pour rappeler le salut réalisé par Jésus-Christ. Chaque région choisissait un arbre familier. Progressivement, l'arbre passa du parvis de l'église à l'intérieur de la maison. Déjà les crèches montées au couvent des Ursulines à Québec, au XVIIe siècle, étaient entourées de sapins, arbres aimés des Amérindiens.

Le sapin de Noël, tel que nous le connaissons, résulte probablement de l'amalgame de plusieurs de ces traditions. Toujours vert, il symbolise la pérennité de la nature et un appel au retour du printemps. À l'origine, on y suspendait des pommes et des hosties non consacrées, remplacées plus tard par des petits gâteaux ou des pains d'épices sur lesquels étaient représentés Adam et Ève. On installait souvent à son sommet l'étoile de Bethléem et, au pied, une crèche. Plus tard apparurent des friandises, des biscuits, des fleurs de papier, des bougies. Une légende rapporte qu'une année où les pommes furent rares et chères (1858), un verrier avisé eut l'idée de les remplacer dans les arbres de Noël par des boules de verre soufflé. On peut penser que l'usage d'ajouter couleurs et or se répandit rapidement. Aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, on voit des sapins décorés de pommes et de roses en référence à Ève et à Marie.

Au Québec, un premier sapin de Noël est signalé en 1781 chez le général Frederick Adolphus Riedesel, d'origine allemande, qui s'était installé avec sa famille près de Sorel et désirait suivre la coutume de son pays natal.

Mais il faut attendre les années 1840 pour que l'idée de décorer un sapin se répande à travers le monde, grâce aux journaux et revues de l'époque. Au début, notamment dans les pays où il y a peu de sapins, l'arbre est petit et placé sur une table. Plus tard, il est mis sur le plancher et atteint le plafond. À l'extérieur des maisons, il peut être encore plus majestueux.

Dans diverses régions d'Europe et au Québec, durant la première moitié du XXe siècle, dans certaines maisons, l'arbre était installé et décoré en secret de sorte que le 24 au soir ou le 25 au matin, quand ils ouvraient la porte du salon, les enfants étaient émerveillés.

Au Québec, dans les familles modestes, on inventait des moyens ingénieux pour décorer le sapin de Noël. Par exemple, on y suspendait les cartes de Noël reçues les années précédentes, on fabriquait des décorations avec des boules de laine enveloppées avec le papier argenté des sacs de thé Salada. Ou encore, on faisait des boules directement avec le papier argenté des paquets de cigarettes.

Pour beaucoup, il s'agit là de simples décorations qui marquent le temps des Fêtes. Mais, l'arbre est riche de toute une symbolique spirituelle: le vert de l'espérance, la lumière du Christ, etc.

La bûche de Noël

La première attestation de la bûche de Noël est très ancienne et nous viendrait d'Autriche (1184), affirme Karin Ueltschi. Le 24 décembre au soir, raconte-t-il, on place un grand morceau de bois dans la cheminée. Quand il commence à brûler, toute la maisonnée se rassemble près du feu. On récite une prière pour appeler la bénédiction de Dieu, puis on jette un peu de sel sur la bûche. Suit un bon repas joyeux.

Il existe de nombreuses variantes régionales de cette tradition, associées à des rites d'abondance, de fertilité, de mort et résurrection. Aujourd'hui, alors qu'il y a d'ailleurs moins de cheminées dans les maisons, la bûche de bois est remplacée par un gâteau en forme de bûche garni de crème, souvent décoré de tous les symboles appropriés: feuilles de houx, lutins, traîneau, rennes, clochettes, père Noël.

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