Noël aux multiples facettes : traditions populaires

Au Québec, la guignolée est apparue au tournant... (Archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Au Québec, la guignolée est apparue au tournant du XIXe siècle. Puis, elle semble avoir été organisée par la Saint-Vincent-de-Paul et reportée à Noël. À partir de ce moment, ce ne sont plus des pauvres, mais des bénévoles qui passent aux portes pour recueillir des vivres à remettre aux familles dans le besoin sous forme de «paniers de Noël». Aujourd'hui, on retrousseve cette tradition en de nombreux endroits et sous de nouvelles formes, comme la Guignolée des médias.

Archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

À la célébration liturgique, on associa rapidement d'autres rites et symboles chrétiens, comme les chandelles, la couronne, la crèche, l'arbre du Paradis, les chants et les légendes entourant saint Nicolas. Puis, des traditions purement populaires, comme le sapin, le père Noël, etc.

Bougies de Noël

Parmi les lumières et les cierges, déployés à profusion au temps de Noël, l'usage d'une bougie particulière appelée bougie de Noël est une tradition ancienne. À l'origine, il s'agit simplement d'une grosse chandelle. Certains la mettent au centre de la couronne de l'avent, signifiant la venue du Christ. D'autres la placent en vue dans la maison. Aux États-Unis, raconte l'historien Greb Dues, les immigrants irlandais du XIXe siècle plaçaient une bougie sur le bord de la fenêtre. Cette lumière représentait une balise destinée à éclairer le chemin de Marie et de Joseph. Mais il est possible aussi qu'elle remonte à l'interdiction du catholicisme en Irlande: les bougies étaient alors des signes pour les prêtres persécutés qui comprenaient que ces maisons pouvaient leur servir de refuge.

Crèche et santons

La tradition de faire une crèche dans les églises, maisons et lieux publics, on l'a vu, remonte au Moyen Âge, notamment à saint François d'Assise. Ces crèches, édifiées avec différents matériaux, se sont vite propagées dans toute la chrétienté. Elles se différencient selon les régions, la plupart des artisans leur donnant une couleur locale. Ce qui donne des personnages et des décors européens, africains, asiatiques... bien loin des moeurs palestiniennes du temps de Marie et Joseph. Les crèches des églises avec des personnages miniatures en plâtre remontent vraisemblablement à Prague en 1562. Transposées dans les maisons et les places publiques à partir de 1700, les crèches prirent de l'ampleur, reproduisant parfois tout un village. Les santons de Provence en France sont très réputés.

Dans certaines régions du Québec, les fidèles prirent l'habitude de visiter plusieurs églises ou des musées pour y admirer les crèches.

Au Québec, trois de ces musées méritent attention. Les Santons de Charlevoix sont produits à Saint-Joseph-de-la-Rive par Bernard Boivin. Ils constituent une crèche québécoise, alliant les personnages traditionnels à des figures et des éléments d'architecture de Charlevoix. Jésus vient au monde parmi les petites maisons et les granges aux toits de bardeaux de cèdre de Saint-Urbain ou des Éboulements; la chapelle et le moulin sont ceux de L'Île-aux-Coudres. Dans leur costume chamarré, les rois mages côtoient des carrioles sur la neige. Aux figures inspirées par les occupations et métiers traditionnels s'ajoutent quelques personnages liés à l'histoire et à la légende.

À Rivière-Éternité, près du fjord de Saguenay, depuis 1989, on présente une exposition de crèches venues d'un peu partout dans le monde - plus de 60 pays.

Le musée de l'oratoire Saint-Joseph de Montréal expose chaque année des centaines de crèches acquises de par le monde.

La guignolée

Les premières traces du terme «guignolée» remontent à 1403. On y fait référence dans l'oeuvre de Rabelais: «C'est une fête très ancienne qui n'était pas religieuse, mais de tradition populaire. On la retrouvait dans beaucoup de régions françaises comme la Bretagne, le Poitou, la Normandie, La Savoie...» En cette époque de grande pauvreté, l'année était parsemée de fêtes de partage, dont celle du 31 décembre. Des gens parmi les plus démunis de la société passaient de maison en maison, raconte Rabelais. Ils recevaient ce qu'on leur donnait: des oeufs, des pièces de viande, de la monnaie. À ce rituel se sont jointes toutes sortes de chansons.

Au Québec, la guignolée est apparue au tournant du XIXe siècle. Puis, elle semble avoir été organisée par la Saint-Vincent-de-Paul et reportée à Noël. À partir de ce moment, ce ne sont plus des pauvres, mais des bénévoles qui passent aux portes pour recueillir des vivres à remettre aux familles dans le besoin sous forme de «paniers de Noël». Aujourd'hui, on retrouve cette tradition en de nombreux endroits et sous de nouvelles formes, comme la Guignolée des médias.

Guy Durand

(Inspiré de son livre Fêtes, traditions et symboles chrétiens. Pour comprendre la culture québécoise, Fides, 2014)

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer