Noël aux multiples facettes II: Noël d'antan

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Guy Durand
La Voix de l'Est

Dans l'ancien temps au Québec, la célébration de Noël est centrée sur la fête chrétienne et particulièrement la liturgie et la crèche.

La liturgie ancienne

À l'origine assez simple, la liturgie de Noël a considérablement évolué avec les années. Depuis le VIe siècle, elle se déploie autour de trois messes: la messe de la nuit, la messe de l'aurore, la messe du jour. La messe de minuit célèbre principalement l'événement de la naissance de Jésus; celle de l'aurore, l'apparition du Christ, lumière pour l'humanité; la messe du jour enfin célèbre le mystère de l'Incarnation.

Célébrées ainsi dans les cathédrales et dans les monastères effectivement à minuit, à l'aurore et le matin, les trois messes ont été réparties différemment ailleurs pour faciliter l'assistance des fidèles. Dans les paroisses et les chapelles, on les célébrait souvent l'une après l'autre dans la nuit du 24 décembre. Dans les Lettres de mon Moulin (Les trois messes basses), Alphonse Daudet raconte à sa façon la coutume qui existait en Provence durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Progressivement, on en vint à ne célébrer qu'une messe à minuit le 24 décembre et une seconde le matin du 25.

La messe de minuit

Dans les paroisses du Québec encore au milieu du XXe siècle, la messe solennelle était effectivement célébrée à minuit. D'où le nom de «messe de minuit» que l'on entend encore parfois, même si celle-ci a lieu en début de soirée. On réveillait les enfants couchés plus tôt; on les habillait de beaux vêtements; puis, on les amenait à l'église, encore endormis. Dans les campagnes, le trajet se faisait en traîneaux tirés par des chevaux, les gens «emmitouflés dans des fourrures», comme disait une chanson populaire. L'église était décorée et illuminée. La cérémonie commençait par une procession où l'on apportait une figurine de Jésus dans la crèche près de l'autel. Spectaculaire aussi le célèbre chant «Minuit! Chrétiens», composé en France vers 1843, chanté pour la première fois au Québec en 1858 dans la paroisse de Sillery et proclamé encore aujourd'hui.

Au retour à la maison, il y avait un fastueux réveillon. (La grande fête de famille, souvent avec ripailles et cadeaux, se déroulait au Jour de l'An.) Avant de se coucher après le réveillon de Noël, les enfants déposaient leurs souliers ou chaussons sous l'arbre de Noël, sous la cheminée ou près de la porte. Le lendemain, au réveil, ils trouveraient une orange, quelques friandises, et peut-être un petit jouet.

Aujourd'hui, la messe de minuit est de plus en plus devancée en début de soirée, le 24, pour faciliter la participation des familles. Elle se déroule même souvent à 19 h, ou à 17 h. Elle peut être précédée d'une veillée de prière ou d'un concert de chants de Noël. La cérémonie commence souvent par une procession à la crèche. La célébration elle-même est marquée par un climat de joie, mettant en valeur l'amour de Dieu pour l'humanité, le passage des ténèbres à la lumière, la joie du salut inauguré par la naissance de Jésus. La messe de l'aurore est pratiquement disparue. La messe du jour, le 25 au matin, reprend les mêmes thèmes de joie, lumière, espérance.

Crèche

Au XIIIe siècle, pour exprimer et stimuler la piété, saint François d'Assise inaugura la tradition de la crèche de Noël. En 1223, François se trouvait à Greccio, une ville d'Italie. Il dit à l'un de ses amis, qui avait mis à la disposition de la communauté une grotte dans la montagne: «Je veux célébrer Noël avec toi, cette année, dans la grotte. Tu y installeras une mangeoire pleine de foin. Fais venir un boeuf et un âne. Il faut que cela ressemble à la crèche où est né Jésus.» Beaucoup d'habitants de la ville vinrent avec cierges et lanternes entourer les frères et assister à la messe de minuit. Les Franciscains prirent ensuite l'habitude de représenter les personnages de la crèche par des statues grandeur nature. Les Jésuites continuèrent la tradition, mais inventèrent la crèche miniature. C'est ainsi qu'à la renaissance, Noël acquît une extrême popularité, à tel point qu'il en arriva presque à éclipser Pâques.

(Inspiré de son livre Fêtes, traditions et symboles chrétiens. Pour comprendre la culture québécoise, Fides, 2014.)

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