«C'est difficile maintenant...»

La ministre de l'Environnement, Catherine McKenna.... (PHOTO ARCHIVES, LE DROIT)

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La ministre de l'Environnement, Catherine McKenna.

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Il faut une avocate pour connaître les travers du droit dans le cadre de négociations complexes. Or, c'est précisément la profession de la ministre de l'Environnement Catherine McKenna, appelée par la France à jouer le rôle de «facilitatrice» dans le dernier droit des négociations sur les changements climatiques.

«C'est difficile maintenant, a confié hier la ministre en entrevue au Soleil. Pour les négociateurs, c'est vraiment dans les détails que ça se passe: c'est quoi le texte, le texte, le texte? Ce sont des avocats, et moi je suis avocate. Mais ce n'est pas comme ça maintenant qu'on doit voir les choses. Ce qu'il faut, c'est trouver la solution.»

Mme McKenna a fait valoir qu'on a fait des «petits progrès, mais pas de grands progrès» au cours des dernières semaines. «On travaille fort, il y a des réunions bilatérales, il y a des réunions plus grandes pour trouver les solutions, mais on ne peut pas vraiment faire ça avec les négociateurs. C'est à ce moment qu'on a besoin des ministres pour pousser les choses. On voit que ça prend une volonté politique».

Nouvelle venue sur la scène politique, Catherine McKenna n'est pas une néophyte sur la scène internationale. Diplômée de l'Université de Toronto en français et en relations internationales, de l'Université McGill en droit, de la London School of Economics en relations internationales, elle a fait les examens du Barreau de l'Ontario et de New York, ce qui lui a permis de travailler en Indonésie. Elle a notamment été impliquée dans la négociation d'un traité complexe entre l'Australie et l'Indonésie lors de l'accession à l'indépendance du Timor Oriental.

Au Canada, elle a fait du droit de la concurrence chez Stikeman Elliott pendant quelques années, mais c'est son travail au sein d'organismes comme «Avocats canadiens à l'étranger», dont elle est la cofondatrice, qui l'a toujours passionnée.

Des racines en Abitibi

Fille d'une Québécoise de Val d'Or et d'un Irlandais arrivé au Canada dans les années 60, elle a fait ses études primaires en français à Hamilton, ce qui explique son bilinguisme.

Pendant la campagne électorale dans Ottawa-Centre, elle se présentait comme une «avocate de la justice sociale, un professeur, une nageuse et une mère de famille». Elle a trois enfants.

Dans les négociations en cours à Paris, elle cherche notamment à obtenir la reconnaissance des peuples autochtones dans l'accord. «C'est vraiment important pour nous, parce c'est eux qui ressentent déjà les effets des changements climatiques. Ils doivent faire partie de la solution.»

À titre de facilitatrice à la COP21, elle veut s'assurer que tous les pays concernés fassent de grands efforts pour réduire les GES. Elle sait que certains enjeux ne seront pas réglés dans les textes et devront faire l'objet de décisions politiques. «Il y a encore une discussion, par exemple, visant à déterminer si les pays en voie de développement doivent faire les mêmes choses que les pays développés. Ça c'est un grand enjeu, mais on ne fait pas ça dans le texte, on fait ça plus haut».

Catherine McKenna est compétitive. Elle a choisi l'Université de Toronto pour son programme de baccalauréat à cause de la qualité de son programme, mais aussi parce que «je suis nageuse et que c'était la meilleure équipe au pays. Alors j'ai nagé pendant quatre ans, et on a gagné la compétition nationale quand j'étais capitaine en 1993».

Appliquera-t-elle le même esprit compétitif dans son rôle de facilitatrice auprès des participants à la COP21? «Je pousse toujours très fort. J'ai frappé à 100 000 portes pendant la campagne électorale pour me rendre jusqu'ici, alors on va trouver des solutions».

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