Même les flatulences de vaches sont au programme

Pourquoi je vous parle de ça? Pour attirer... (François Mori, Associated Press)

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Pourquoi je vous parle de ça? Pour attirer votre attention et vous expliquer que ce grand sommet ne se limite pas aux négociations en vue d'un accord sur la réduction des GES. C'est une véritable fourmilière qui est à l'oeuvre ici depuis dimanche.

François Mori, Associated Press

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(Paris) Les grands discours des politiciens terminés, on passe «aux vraies affaires» à la Conférence de Paris sur le changement climatique. Des milliers d'experts de tous les milieux s'activent pour partager leur savoir, faire le point sur leurs travaux et lancer de nouveaux projets.

Hier midi, je me suis pointé à une table ronde sur l'agriculture. Ô surprise! On y traitait même de l'émission des flatulences de vaches. Un sujet qui a jadis intéressé Nathalie Normandeau, alors ministre des Ressources naturelles. Elle avait soutenu à tort qu'une vache émettait plus de CO2 qu'un puits de gaz.

Pourquoi je vous parle de ça? Pour attirer votre attention et vous expliquer que ce grand sommet ne se limite pas aux négociations en vue d'un accord sur la réduction des GES. C'est une véritable fourmilière qui est à l'oeuvre ici depuis dimanche.

Le panel d'experts sur l'agriculture rassemblé hier au Bourget était une première. Ce serait la première fois que l'on discute d'agriculture et de gaz à effet de serre au sein d'une conférence de l'ONU. Une spécialiste du ministère français de l'Agriculture a rappelé que les activités agricoles produisent 11 % des GES. Un autre expert a fait une mise en garde: la lutte contre les changements climatiques dans le domaine agricole doit se faire, mais pas sur le dos des 800 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde. Plus intéressant encore, le témoignage de Craig Hanson, du World Resources Institute, qui a insisté sur le gaspillage ou la perte de 32 % de toute la nourriture produite dans le monde. Imaginez les gaz à effet de serre résultant de cette production gaspillée, et vous comprendrez l'intérêt des scientifiques.

C'est le témoignage d'un fermier français du Massif central, Bruno Dufayet, qui a intéressé le plus l'auditoire: comment réduire les flatulences des bovins? De concert avec des fermiers d'Italie, d'Irlande et d'Espagne réunis au sein d'une association qui représente tous les maillons de la filière de la viande, il travaille à tester les «pratiques les plus vertueuses» pour limiter cette forme de pollution. Je vous épargne les détails... ce serait trop long. Le groupe ne travaille pas encore avec les producteurs québécois, «mais ça viendra», m'a dit M. Dufayet. Il est bien conscient qu'il n'est pas seul à travailler sur ce projet. «Notre objectif, c'est de réussir ce programme au niveau européen et de créer ensuite des liens partout sur la planète».

À partir de vendredi, les politiciens reprendront leur place à la conférence de Paris. Les premiers ministres des provinces sont de retour, avec leurs initiatives et leurs engagements. C'est normal: il faut une volonté politique derrière le travail des spécialistes. Mais sur le terrain, ce sont les spécialistes qui vont sauver la planète, s'il n'est pas trop tard...

Sceptique, le chroniqueur? Un brin cynique? «Un de nos pires ennemis est le cynisme», a déclaré Barack Obama lundi à Paris. D'accord, je redeviens optimiste. Après tout, le slogan du président américain avant son entrée à la Maison-Blanche n'était-il pas «Yes we can»?

Trudeau au Monde

C'est un classique, tous les chefs de gouvernement qui passent par Paris passent également au prestigieux quotidien Le Monde. Comme nos cousins français sont moins au fait de l'actualité chez nous, ils ont titré que M. Trudeau annonçait que l'exploitation des sables bitumineux serait plafonnée. Une vieille nouvelle au Canada, mais une démonstration éloquente de la mauvaise réputation du Canada à ce chapitre. M. Trudeau a déclaré que la «décision philosophique, relevant d'un choix de civilisation, serait de passer outre le pétrole», pour conclure toutefois qu'on n'en est pas là.

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