Week-end noir au PQ

Pierre Karl Péladeau... (Patrick Sanfacon, La Presse)

Agrandir

Pierre Karl Péladeau

Patrick Sanfacon, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pierre Karl Péladeau et ses députés doivent remercier le ciel que les prochaines élections québécoises soient aussi éloignées dans le temps. Parce que si les communications du Parti québécois sont aussi mal organisées en campagne électorale que celles du Conseil national de la fin de semaine, il y aura vite de la grogne dans les rangs péquistes.

Il faut le faire:

• Inviter Ghislain Picard à prendre la parole sans savoir au préalable quel sera son message. N'est-ce pas là le même homme qui a dû corriger ses propos après avoir accusé Philippe Couillard d'être le «responsable» des actes présumés des policiers de la SQ contre des femmes autochtones? Un peu imprévisible, non?

• Applaudir à tout rompre la sortie «souverainiste» de Ghislain Picard, sans écouter le reste de son discours qui précisait que sa souveraineté est celle des Autochtones et qu'elle implique la partition du Québec.

• Donner à des députés qui n'ont aucun lien avec la communauté anglophone et qui dans un cas (Carole Poirier) n'est pas à l'aise en anglais, le mandat de rétablir les liens avec les Québécois non francophones.

• Appuyer sans réserve une résolution qui appuie intégralement le rattrapage salarial des employés de l'État, alors que le chef Pierre Karl Péladeau avait manifesté des réserves à plusieurs reprises sur le sujet. Où étaient les députés qui auraient dû aller au microphone pour éviter ce dérapage?

Cette fin de semaine ne serait qu'un incident de parcours si elle ne s'inscrivait pas dans une série de mauvaises nouvelles qui ont affligé le Parti québécois et les souverainistes depuis que Pierre Karl Péladeau en a pris la direction. Échec du Bloc québécois aux élections fédérales, démission de Stéphane Bédard, grogne interne à l'endroit de Pierre Duchesne, sondages décevants sur la scène provinciale malgré les politiques d'austérité du gouvernement Couillard... C'est comme si l'opposition officielle ne parvenait pas à se prendre en main pour profiter des critiques à l'endroit des libéraux et de la désaffection à l'endroit de la Coalition avenir Québec.

Est-ce la faute du chef? Difficile à dire. Mais il est clair que M. Péladeau n'a pas l'éloquence de ses prédécesseurs, qu'il n'a pas une connaissance suffisante de ses dossiers, et qu'il n'est toujours pas à l'aise dans ses communications avec les médias. Sa lenteur à rectifier le tir, dimanche, sur la question de la partition du Québec, est révélatrice d'un malaise plus profond. Il y a longtemps que les péquistes et même les libéraux sous Jean Charest ont fermé la porte à une éventuelle partition du Québec. Si M. Péladeau ne le savait pas, son entourage aurait dû l'en prévenir sans délai. Si seulement il écoute son entourage...

À moins que ses anciens rivaux à la tête du PQ ne soient à ce point désillusionnés qu'ils aient décidé de le laisser sombrer dans ses contradictions! Parce que malgré la belle image d'unité qu'ils tentent de projeter, les députés péquistes qui ont un tant soit peu d'expérience politique ne sont pas dupes. Ils voient bien que ça ne va pas. Le défi de M. Péladeau est d'autant plus grand qu'il a devant lui une équipe libérale où les porteurs des grands dossiers... les Couillard, Barrette, Coiteux et Moreau... sont d'excellents communicateurs.

C'est dur, le monde des affaires d'où est issu M. Péladeau. Mais vous n'êtes pas constamment sous la loupe des médias. Alors qu'en politique, il faut savoir composer habilement avec les médias pour survivre. Et ça, ça ne s'apprend pas dans les livres.

La question que l'on entend depuis quelque temps au sein de la presse parlementaire est la suivante: PKP sera-t-il encore au PQ aux élections de 2019?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer