Et l'aéronautique, M. Trudeau?

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.... (archives La Voix de l'Est)

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

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Le premier ministre Justin Trudeau a pris l'initiative, la semaine dernière, de dévoiler les mandats accordés à chacun de ses ministres. Le geste est louable. Il permettra de vérifier jusqu'à quel point les titulaires des ministères ont répondu aux attentes de leur chef. De plus, la publication de ces mandats a pour effet de mettre de la pression sur les élus: les écrits restent.

J'ai trouvé particulièrement intéressant, par exemple, que Justin Trudeau impose à ses ministres un comportement qui va au-delà des exigences de la loi ou des règles d'éthique. C'est un paragraphe dont il faudra se souvenir un jour, quand il y aura controverse sur la conduite des élus libéraux: «Ce code d'éthique s'applique à vous et à vos employés. Tel qu'indiqué dans le code, vous devez observer les normes les plus élevées en matière d'honnêteté et d'impartialité, et l'accomplissement de vos tâches dans le cadre de vos fonctions officielles de même que l'organisation de vos affaires privées devraient pouvoir faire l'objet d'un examen scrupuleux du public. On ne s'acquitte pas de cette obligation simplement en se contentant de respecter la loi.»

C'est cette dernière phrase qui porte à conséquence. Chaque fois que le comportement d'un politicien fait l'objet d'une controverse, la défense classique est de faire valoir qu'il a respecté la loi ou les exigences du code d'éthique. Ce que leur demande Trudeau, c'est d'être au-dessus de cette exigence. Et plus encore, de voir à ce que leurs affaires privées puissent faire l'objet d'un examen «scrupuleux» du public. Ça, c'est une exigence très lourde à porter lorsqu'arrive la controverse.

L'automobile d'abord?

Il n'y a pas que des questions éthiques dans ces mandats. Il y a une volonté politique sur plein de sujets. Ô surprise! Au moment où le Québec espère un appui d'Ottawa dans le dossier de Bombardier, c'est l'avenir de l'automobile qui attire l'attention du premier ministre... ou de ses adjoints qui ont rédigé le mandat.

Dans la lettre à son ministre du Développement économique Navdeep Bains, M. Trudeau lui demande, «avec l'appui du ministre des Finances et de la ministre du Commerce international, de prévoir les investissements et les stratégies qui s'imposent afin que le secteur de l'automobile puisse s'adapter en vue de la participation potentielle du Canada au Partenariat transpacifique».

Cette phrase n'est pas passée inaperçue à Québec. On a l'habitude depuis longtemps de dire que l'automobile est en Ontario et l'aéronautique au Québec. L'automobile, c'est énorme: près de 90 000 personnes y travaillent directement en Ontario. Mais l'aéronautique au Québec, c'est 260 entreprises et plus de 40 000 personnes, avec des ventes de 10 milliards$ par année.

Il est quand même surprenant que le premier ministre ait jugé nécessaire de demander à son ministre Bains, lui-même un Ontarien, de se préoccuper de l'automobile, mais qu'il ait passé sous silence un secteur aussi important que celui de l'aéronautique... Un oubli? C'est douteux. Le gouvernement Couillard devra corriger le tir auprès de l'entourage - probablement ontarien - de Justin Trudeau. Quant au ministre Bains, élu dans Mississauga/Brampton-Sud, pas très loin de l'industrie automobile, il est douteux qu'il oublie les intérêts économiques de sa province et de sa région. Il faudra l'inviter à venir nous voir.

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