Un vent de fraîcheur, après la grande noirceur

Justin Trudeau à son assermentation, mercredi.... (Sean Kilpatrick)

Agrandir

Justin Trudeau à son assermentation, mercredi.

Sean Kilpatrick

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

J'ai fait un voyage dans le temps, mercredi matin, en regardant la cérémonie d'assermentation des membres du cabinet de Justin Trudeau. Ils étaient tous là, les anciens premiers ministres John Turner, Jean Chrétien, Paul Martin. Les Michaëlle Jean et Adrienne Clarkson, nommées à Rideau Hall sous des régimes libéraux. À l'extérieur, un public enthousiaste qui applaudissait chaleureusement le couple Trudeau-Grégoire, au son de la cornemuse. Également des fonctionnaires à la retraite, comme un ancien de Statistique Canada, qui célébrait la «liberté retrouvée de la science» muselée par le gouvernement Harper.

C'est d'abord ça qu'on a vu hier: le retour au pouvoir de la famille libérale après une décennie de régime conservateur. Un retour applaudi par la très libérale communauté de la capitale fédérale, qui n'a jamais vraiment aimé les conservateurs. Et c'était aussi le couronnement d'un jeune premier ministre aux allures de figurant dans un film qui se termine bien, devant un peuple en délire qui applaudit son nouveau roi et sa reine, après avoir renversé le régime du vilain.

Sur le plan des images, c'était un événement parfait: participation sans précédent des autochtones dans la cérémonie ainsi qu'au sein du cabinet, mandats importants aux Néo-Canadiens, parité hommes-femmes, et représentation de toutes les régions du pays.

Même l'ambiance décontractée de la cérémonie offrait un véritable vent de fraîcheur pour les Canadiens qui voulaient du changement, après une période de grande noirceur.

 «Back to the future»

Les images et la symbolique, c'est une chose, l'exercice du pouvoir en est une autre. La formation du cabinet a réservé de nombreuses surprises.

La nomination de Stéphane Dion aux Affaires étrangères est un beau défi pour cet intellectuel studieux qui a fait ses preuves à l'Environnement, et qui devra restaurer la crédibilité du Canada sur la scène internationale. Même chose pour Marc Garneau aux Transports, un domaine stratégique pour le développement économique, mais aussi pour l'environnement.

Dans les deux cas, il s'agit de politiciens aguerris qui ne mettront pas le gouvernement dans l'embarras. Les nouveaux venus Jean-Yves Duclos (Famille), Mélanie Joly (Patrimoine), Diane Lebouthillier (Revenu) et Marie-Claude Bibeau (Développement international et Francophonie) obtiennent des postes moins prestigieux, mais comportant moins de risques. C'est extrêmement difficile pour un élu qui n'a aucune expérience parlementaire à Ottawa, de chausser les souliers d'un ministre. La machine est énorme, et le pays est immense. Ils vont apprendre à la dure. Leur défi est de ne pas nous faire honte et de ne pas mettre leur gouvernement dans l'embarras, comme l'ont fait plusieurs élus pendant le premier mandat de Brian Mulroney.

Les surprises sont nombreuses ailleurs au pays: une autochtone à la Justice, un sikh à la tête des forces armées, un Inuit en charge de Pêches et océans. Justin Trudeau veut refaire du PLC le grand parti national qu'a jadis dirigé son père.

Une dernière surprise de taille: c'est le premier ministre qui prend la responsabilité des Affaires intergouvernementales et de la Jeunesse. M. Trudeau a promis d'instaurer un véritable partenariat avec ses homologues des provinces. Tout le monde applaudira au changement annoncé. Mais ce changement comporte de grandes difficultés à cause de l'arbitrage qu'il impose entre les différentes régions au pays. Les provinces manqueront une belle occasion si elles abusent de cette ouverture pour tirer la couverture de leur bord, sans tenir compte des enjeux nationaux.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer