Vagues et racines

Thomas Mulcair... (Presse Canadienne)

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Thomas Mulcair

Presse Canadienne

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) La particularité d'une vague, me soulignait la semaine dernière mon patron, est qu'elle arrive puis elle se retire. Une image simpliste, mais peut-être la meilleure pour illustrer ce qui est arrivé hier soir au Nouveau Parti démocratique au Québec.

En quatre ans, malgré une prestation au-delà des attentes dans l'opposition, surtout de son chef Thomas Mulcair d'une grande efficacité devant un premier ministre rompu aux débats parlementaires, le NPD n'a pas su s'ancrer au Québec. Peu de circonscriptions ont une organisation structurée, peu ont un membership actif, peu comptent sur des organisateurs expérimentés.

L'hypothèse que l'éclatante victoire orange de 2011 reposait sur la sympathie des électeurs québécois pour le chef Jack Layton se confirme. L'électorat a vécu un flirt avec une formation qui n'avait jusque-là fait élire que deux députés en près de 60 ans d'histoire. Les résultats d'hier soir scellent cette réalité.

La politique est cruelle, dit-on. Cruelle sur la vie de ceux et celles qui y entrent, cruelle parce qu'elle les laisse sans défense face au jugement des électeurs. C'est pire quand le jugement ne colle pas au travail accompli. Gilles Duceppe en sait certainement quelque chose, abandonné il y a quatre ans par le Québec francophone au profit du NPD.

L'élection de 10 candidats du Bloc québécois est une petite revanche. Qu'adviendra-t-il de M. Duceppe? Au moment d'aller sous presse, il luttait encore pour reprendre Laurier - Sainte-Marie. Une défaire donnerait le coup fatal de sa carrière politique. Dans un tel cas, le BQ devra impérativement trouver un chef capable de reconstruire le parti. Une formation politique qui n'aspire pas à gouverner doit pouvoir au minimum miser sur un leader charismatique pour convaincre de sa pertinence.

Refaire surface

On a tendance à l'oublier, mais contrairement au NPD, les racines libérales existent au Québec. Elles ont naguère permis au parti de Wilfrid Laurier et Pierre Trudeau de s'assurer de gouverner le pays presque sans interruption. Le scandale des commandites en 2000 a eu comme effet d'enterrer ces racines, mais après des années en dormance, elles ont refait surface. Pardon de l'électorat? Lassitude du gouvernement conservateur? Principe d'alternance? Les trois?

Et ces mêmes racines libérales ont refait surface dans l'ensemble du pays: les Maritimes, l'Ontario, les Prairies et la Côte-Ouest. Les libéraux fédéraux ont terminé leur longue traversée du désert avec panache.

On a collé de vilaines étiquettes à Justin Trudeau ces dernières années. Le futur premier ministre n'a pas l'intellect de son paternel, a-t-on entendu. Ni son flair politique. On lui a reproché des phrases creuses. Ces attaques sur sa personnalité et son style ne l'ont toutefois pas ébranlé. Il a su mener une bonne campagne, éviter les pièges et rassurer les gens sur ses capacités de mener un gouvernement.

M. Trudeau a surtout fait preuve d'une certaine audace de promettre des investissements de milliards de dollars dans les infrastructures des villes afin de relancer l'économie canadienne. L'équilibre budgétaire attendra, a-t-il dit. Les électeurs viennent d'endosser cette approche.

Reste à voir si à l'instar des libéraux de Philippe Couillard, M. Trudeau respectera ses engagements. La lecture des chiffres du ministère des Finances force parfois la main des nouveaux dirigeants politiques. On a souvent vu ce film.

Denis Paradis a réuni ses partisans hier soir au restaurant L'Interlude de Bedford. Un endroit de circonstance pour ce libéral qui a occupé le siège de député de Brome-Missisquoi de 1997 à 2006 avant de subir trois défaites consécutives.

Considérant l'inexpérience politique dans le nouveau caucus libéral, M. Paradis devrait se voir confier des fonctions ministérielles. Il connait le tabac, ayant été ministre de la Francophonie, puis secrétaire d'État de l'Amérique latine et ensuite ministre d'État des Institutions financières.

Dans Shefford, la victoire du candidat libéral Pierre Breton s'annonçait moins facile. Il a mené une campagne dynamique et sans relâche face à la néo-démocrate Claire Mailhot et le bloquiste Jocelyn Beaudoin, deux candidats de grande valeur.

Souhaitons que M. Breton se démarque plus comme député de Shefford que conseiller municipal de Granby. Son passage sur la scène municipale a été moyen, pour ne pas dire sans éclat.

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