La bénédiction

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bernard Demers
La Voix de l'Est

Chaque année, mon père, à la demande de mon frère aîné, nous réunissait dans une pièce plus tranquille, durant la grande fête de famille, pour nous donner sa bénédiction annuelle. Les dernières années où la coutume a tenu, il fallait que ma mère insiste pour que mon frère se décide, en traînant les pieds, à aller voir mon père. Je devais avoir une dizaine d'années quand la pratique s'est éteinte dans ma famille, comme elle l'avait déjà fait dans la grande majorité des familles de chez nous. De cette grande tradition patriarcale, qui rappelait qu'alors c'était le père qui assumait la direction matérielle et morale de la famille, il ne reste aujourd'hui que des représentations picturales, gravures ou peintures, où nous voyons un père en ceinture fléchée, la pipe tout juste déposée sur un meuble, bénir une nombreuse descendance agenouillée devant lui.

Mon père ne fumait pas, portait le veston et la cravate et nous étions trois fils. Avec ma mère, nous étions donc quatre à recevoir cette bénédiction solennelle et annuelle par laquelle mon père attirait sur nous la bienveillance divine pour nous aider à avoir une bonne année, aussi bien dans notre conduite que dans nos résultats.

Aujourd'hui, mon père est décédé, je suis père depuis longtemps et je n'ai jamais, en ceinture fléchée ou en veston cravate, fait descendre la grâce divine sur la tête de mes enfants. Cette façon de servir d'intermédiaire entre le Ciel et la famille n'existe plus. Ce qui demeure, cependant, est l'habitude de s'offrir des voeux pour l'année qui vient au sein de la famille, mais aussi entre amis, connaissances, relations d'affaires. Nous en recevons sur des cartes de papier, dans des messages électroniques, dans des envois sonores ou visuels. Il y en a de tous les genres, du comique au formel, du chaleureux au commercial.

Pour ma part je vous souhaite de recevoir de vrais voeux d'au moins une personne, si possible de toutes celles qui vous sont vraiment proches. Je vous souhaite des voeux sincères, sérieux, réfléchis, attirant sur vous toute la grâce de l'amour et de l'amitié, bref des voeux aussi forts que l'était, dans son coeur, la bénédiction de mon père à sa famille.

Bonne année.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer