Austérité et panier d'épicerie

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Sylvain Charlebois
La Voix de l'Est

Pour la cinquième année, l'Université de Guelph a publié son rapport annuel sur les prix des aliments. Elle a annoncé dernièrement que le coût du panier d'épicerie augmentera d'au plus 2,4 % en 2015, un taux plus élevé que le taux d'inflation. Puisque les Québécois ne se gênent pas pour investir dans leur alimentation, 2,4 % ne semblent pas énormes a priori. Par contre, cette annonce s'inscrit dans une mouvance d'austérité fiscale qui s'ajoute à une pile de mauvaises nouvelles pour le Québécois.

L'autre bémol se lie aux types d'aliments ciblés par le rapport. Pour la première fois, nous anticipons une hausse importante pour deux catégories de produits importants: les viandes ainsi que les fruits et légumes. Même si les viandes ont augmenté en moyenne de plus de 12 % cette année, une hausse de 3 à 5 % est fort probable pour 2015. Il existe cependant plusieurs substituts pour la viande, alors les consommateurs peuvent s'en sauver.

Là où l'on risque de trouver plusieurs consommateurs faisant de gros yeux, c'est dans la section des fruits et légumes frais, souvent située à l'entrée des commerces. La faiblesse du dollar canadien a diminué le pouvoir d'achat de nos importateurs dernièrement. Le prix au détail des fruits et légumes augmentera sûrement de 3 à 5 % l'an prochain. C'est de mauvais augure pour les familles moins nanties puisque, contrairement à d'autres aliments, il n'existe pas vraiment de substituts pour ces produits frais. Ce n'est pas une question de sécurité alimentaire, mais plutôt de sécurité nutritionnelle. Avoir les moyens de se nourrir est une chose, mais de se payer une diète équilibrée à l'année est tout autre.

En alimentation, le Québec est vraiment distinct, on le sait bien. En termes de pourcentage du budget familial, c'est au Québec où la portion consacrée à l'alimentation est la plus élevée, soit 15,9 %. Avec une augmentation de 3 à 5 % pour les protéines et les fibres, chaque ménage devra payer entre 150 à 200 $ de plus l'an prochain pour obtenir la même nourriture. Ainsi, avoir accès à une nutrition de qualité sera un défi de taille pour plusieurs familles en 2015. Avec les augmentations d'impôts et de frais de service supplémentaires, les Québécois seront sollicités de toutes parts à payer davantage pour maintenir la même qualité de vie. Si vous êtes un consommateur en moyens, pensez aux banques alimentaires qui desservent une clientèle en nécessité. Il est estimé que le nombre de familles ayant visité une banque alimentaire cette année a pour la première fois augmenté de 20 %. Puisque les banques alimentaires offrent de plus en plus de produits périssables, ce pourcentage pourrait augmenter l'an prochain.

Malgré tout, pour ceux qui adorent le pain, les pâtes et les produits laitiers, le rapport peut être une source de bonnes nouvelles. Une hausse très modeste de 0 à 2 % est anticipée pour ces produits. Et, pour nos produits locaux, la marge entre les fruits et légumes d'ici et ceux provenant d'ailleurs diminuera vraisemblablement, une excellente nouvelle pour commencer l'année si vous êtes un producteur maraîcher. 

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