Le comité des sages de Mme Marois

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Valère Audy
La Voix de l'Est

La première ministre Pauline Marois a annoncé la formation prochaine d'un comité de sages qui se penchera sur tous les aspects du recrutement et de la rémunération des membres de la haute fonction publique québécoise qui viennent de l'extérieur des rangs de celle-ci. Elle réagit ainsi au tollé qui a marqué la nomination d'André Boisclair comme délégué général du Québec à New York et, surtout, le volet de cette nomination lui assurant, en cas de relèvement de ses fonctions, la sécurité à vie comme sous-ministre adjoint. Un volet que le gouvernement avait caché, qui fut éventé et que les parties ont depuis et rapidement dû résilier.

Mme Marois n'a rien inventé en confiant une importante fonction à M. Boisclair, ancien chef du PQ. Tous les nouveaux chefs de gouvernement s'entourent de gens qui sont sur la même longueur d'onde et procèdent à des nominations qui sont en quelque sorte des récompenses pour efforts ou services rendus. Des gens qui ne sont pas forcément tous compétents bien qu'on dise qu'ils le sont. Dans le cas de M. Boisclair, sa nomination n'aurait probablement pas fait de vagues n'eût été la sécurité à vie qu'on lui consentait du même coup, celle-ci devant compenser d'actuelles et éventuelles pertes pécuniaires.

Nul doute qu'il y a lieu de revoir les exigences d'embauche, les conditions de travail, la rémunération et les conditions de renouvellement des membres de la haute fonction publique. Car il y a un prix à payer pour y attirer les femmes et les hommes les plus compétents et performants. Ceux venant du secteur privé notamment où les conditions de travail et les salaires sont autrement plus élevés que dans la fonction publique. Et, malgré tout, pas sûr qu'ils seront nombreux à se bousculer aux portes en raison de l'espionnage et du dénigrement qu'ils risquent. Pour le constater, on a juste à considérer le procès qu'on fait ces jours-ci aux recteurs d'université.

Or le comité de sages auquel pense Mme Marois ne sera profitable à la société que si elle l'étend à toute la fonction publique plutôt qu'aux compétences recherchées à l'extérieur de celle-ci, que ses membres sont indépendants plutôt que partisans et que, finalement, les nominations à la haute fonction publique sont entérinées par quelque chose comme les deux tiers de l'Assemblée nationale. Autrement, les organismes coiffés de nouveaux dirigeants demeureront des nids à patronage, que leurs nouveaux dg ou PDG soient ou non compétents. Avec pareille procédure, les nouveaux dirigeants ne seraient pas toujours critiqués et, plus encore, constamment sur le seuil de la porte.

C'est évidemment l'affaire Boisclair qui a provoqué cette annonce. Mais le comité aurait dû être à l'oeuvre depuis le premier jour de l'ère Marois qui aurait ainsi pu faire tout un pied de nez aux libéraux qui ont acquis une réputation de «patroneux» à force de choyer leurs amis et serviteurs. Or le gouvernement Marois est tombé dans le même piège avec Nicolas Girard à l'AMT, les changements à la tête du BAPE et à la SQ et quelques autres nominations avant celle d'André Boisclair. La nouvelle première ministre a beau affirmer qu'elle ne veut pas être attaquée en matière d'éthique, reste que son équipe s'est elle-même déjà tirée dans les pieds.

La haute fonction publique québécoise ne concerne pas que les délégués généraux à l'étranger et les sous-ministres. Elle englobe aussi, bien que différemment, la Caisse de dépôt et placement du Québec, Hydro-Québec, Loto-Québec, la Régie d'assurance-maladie du Québec, la Société des alcools du Québec, la Société d'assurance automobile du Québec, la SGF qui fut déjà dirigée par le conjoint de Mme Marois, le Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE), la Sûreté du Québec (SQ), etc. Ces organismes sont si gros et leurs fonctions si importantes que les nominations devraient découler d'un rigoureux processus de sélection plutôt que du goût du jour des élus au pouvoir et cela, plus encore lorsque ceux-ci sont usés comme les libéraux l'étaient ou minoritaires comme le sont actuellement les péquistes.

Tous les détails dans notre édition de mercredi

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