Toutes les coupures feront mal, à commencer par celles qui retrancheront des milliers de fonctionnaires puisque la qualité des services s'en ressentira. Ce qui ne veut pas dire qu'une réorganisation du travail ne s'impose pas dans une aussi grosse et tentaculaire machine que celle du fédéral. Mais qui peut bien croire que le pays se privera de quelque 20 000 fonctionnaires sans qu'il y ait impact négatif quelque part? Surtout qu'on trouve que, dans certains domaines, le gouvernement se traîne déjà lourdement les pieds.
Au nombre de ces coupures, il y en a quelques-unes qu'il faut tout particulièrement déplorer, dont la fermeture des comptoirs de service, la réduction des heures de visite du Parlement et la révision des enquêtes sur les criminels. On peut bien sûr aussi regretter la fermeture de neuf fermes expérimentales, dont celle de Saint-Armand. Sauf qu'il en restera d'autres et que certaines d'entre elles ont plus d'envergure. Reste que celle de Frelighsburg mériterait peut-être de survivre dans le cadre d'un partenariat et d'une mission spécialisée axée sur la pomiculture, la vigne et d'autres petits fruits.
Revenons aux comptoirs de service qui seront tous fermés d'ici quelques mois en région et dès l'automne 2013 dans les grands centres. Ce qui veut dire que toute personne ayant besoin d'aide ou d'information concernant l'immigration, la sécurité vieillesse, l'impôt et tous les autres services gouvernementaux devra alors s'installer au téléphone, pitonner et attendre. Il y en a qui sont moins jeunes et peu familiers avec la technologie, d'autres qui ont l'esprit moins vif ou qui ont du mal à bien exposer leurs problèmes. La fermeture des comptoirs, c'est une façon de se débarrasser, non seulement du personnel, mais de citoyens dont le gouvernement devrait plutôt chercher à se rapprocher pour être vraiment à leur service.
En sabrant dans les visites guidées du Parlement, le gouvernement commet également une grossière erreur. Évidemment qu'on n'élimine pas tout. Mais les visites finiront désormais à 16 h 30, soit troisheures plus tôt que d'habitude, et quelques édifices ou bureaux historiques ne seront plus accessibles comme celui de John A. McDonald, l'un des pères de la Confédération, et celui du premier gouverneur général du pays. Et qu'est-ce qu'on va économiser avec cette coupure? Huit postes pour un montant total de 80 000 $, soit une goutte d'eau dans l'océan budgétaire du fédéral.
Les visites guidées du Parlement ne constituent pas une nécessité absolue pour le gouvernement lui-même comme pour les citoyens. Comme celles de l'Assemblée nationale à Québec ou de la mairie dans les villes. Mais puisqu'il s'agit de la maison du peuple, celle où se rassemblent et décident de notre avenir ceux que nous choisissons pour nous représenter, il est normal qu'elle soit ouverte et accessible aux citoyens et aux autres visiteurs, qu'ils voient les lieux de travail de leurs élus. D'autant plus qu'il y a de l'intérêt puisqu'on y accueille annuellement 355 000 visiteurs et que, de surcroît, on en refuse autant.
Bref, les comptoirs de service devraient survivre, les visites guidées du Parlement être maintenues et même revues à la hausse. Et, peu importe comment on le fera, Revenu Canada doit poursuivre et même accentuer la chasse aux criminels. Couper ne donnera rien de moins que des économies de bouts de chandelle.
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