Actuellement, celui qui a les deux mains sur le volant, qui se dit «libéral», a vu le jour politique au Parti conservateur du Canada dont l'idéologie refuse les innovations politiques et sociales, qui défend l'entreprise privée, qui vise la protection des valeurs traditionnelles, qui se dit respectueuse de la moralité publique et qui prône un État moins interventionniste.
Celui qui a les deux mains sur le volant a été député conservateur à Ottawa. Il a été ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur en 1988, mais il a dû démissionner en 1990 quand un juge le dénonça pour avoir tenté de faire pression sur lui au sujet d'un dossier.
Il a aussi présidé le Comité spécial de la Chambre des communes qui accoucha du rapport sur l'Accord de Charlottetown qui fut rejeté par l'ensemble des Canadiens et des Québécois. Rapport dans lequel il déclarait que «le Canada formait une seule nation dans laquelle il était primordial d'avoir un gouvernement central fort et où le Québec, tout en étant égal et ayant un caractère spécifique, ne devait pas cependant se voir conférer aucun pouvoir législatif particulier».
En 1993, le Parti conservateur se voyait balayer ne réussissant à faire élire que 2 députés sur 295 candidats. Devenu chef en 1995, il réussit à faire élire 20 députés sur 301 en 1997. Il avait pourtant promis de réduire les impôts, de réviser la loi sur les armes à feu, de créer une charte des droits des victimes. Il s'était lié avec ceux qui voulaient la partition du Québec en cas de séparation. Ça ne vous rappelle pas quelque chose?
Il a été le vice-président du Comité national des Québécoises et des Québécois pour le NON durant la campagne référendaire 1995 et un des responsables des entourloupettes du grand «love-in» disant aimer les Québécois.
Plus tard, il est couronné chef du Parti libéral du Québec étant considéré comme le meilleur espoir et le sauveur des fédéralistes pour battre le gouvernement souverainiste. Il subit la défaite.
Par contre, le 14 avril 2003, il mène les troupes libérales à une victoire majoritaire. Il affirmait détenir un mandat pour réformer les soins de santé, geler les frais de scolarité, baisser les impôts, réduire les dépenses et limiter le rôle de l'État. Ça vous ne rappelle pas quelque chose?
Des crises ont marqué ce premier mandat: la crise du C. difficile, la crise du logement, la crise du financement universitaire, l'effondrement d'un viaduc, la fusillade au collège Dawson, les accommodements raisonnables, la crise des algues bleues et le problème de démocratie municipale. En 2007, il est réélu à la tête d'un gouvernement minoritaire.
L'actuel mandat est marqué par plusieurs allégations de financement douteux, par des scandales dans la construction au Québec, par la perte de 40 milliards $ à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Par son refus d'une enquête publique concernant la collusion du financement des partis politiques et la corruption dans la construction. Par la crise étudiante qui s'est transformée en une crise sociale majeure.
À ce sombre tableau, il faut ajouter la pétition de près de 250 000 personnes exigeant sa démission comme premier ministre.
Nous en sommes malheureusement rendus là.