On aura du mal à pleurer. D'abord parce que ces nouvelles taxes risquent de changer bien peu de choses dans nos comportements: qui a mis de l'argent de côté quand le premier ministre Charest a imprudemment baissé la TVQ en 2007, privant le Québec de revenus qui lui étaient nécessaires? Ensuite, qui peut nier que le Québec, aujourd'hui, a besoin d'entrées d'argent additionnelles pour financer tous les services qui sont offerts à sa population plus généreusement qu'ailleurs? Enfin, si vous voulez un regard objectif, jetez un petit coup d'oeil ailleurs, vous verrez qui est gagnant.
Ailleurs, par exemple en Europe, des pays comme la Grèce, l'Irlande ou l'Espagne sont au bord de la faillite. Les manifestations contre l'État n'y font rien. Quand on est endetté, il faut payer sa dette. Plus on attend, plus ça coûte cher.
L'essence? On serait bien heureux si les pétrolières, qui nous assomment avec des augmentations subites de 10 ou 12 cents, avaient le même respect du consommateur. Et si vous allez en vacances en Europe, préparez-vous à verser pour votre carburant deux fois le prix que vous payez chez nous! Le vieil adage a toujours raison: «Quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console...»
Mais l'économie ne devrait pas être la seule source du bonheur. Au plan climatique, par exemple, on peut regarder les situations qu'a connues la France et la Grande-Bretagne récemment, et celles qui sévissent en Australie présentement. Pensez aux tremblements de terre, aux inondations, à tous les caprices de la nature en divers coins du globe (si on peut dire) pour vous consoler de la bordée de neige qui couvre les trottoirs un jour et de la pluie qui glace les rues le lendemain. Allons-nous nous plaindre?
Mais il y a pire, bien pire. Le respect des personnes sur la planète est essentiel à la paix et au bonheur des humains. De ce côté-là, la douceur de vivre que connaît notre pays est exceptionnelle si on jette un coup d'oeil au Proche-Orient, par exemple, où vivent des populations aussi humaines que nous.
Prenons, une fois n'est pas coutume, l'exemple des chrétiens d'Irak, d'Égypte, d'Israël, de Turquie, d'Arabie Saoudite, du Pakistan, d'Afghanistan qui sont plus persécutés aujourd'hui que tous ceux que les empereurs romains jetaient aux lions aux premiers siècles de notre ère.
Le Nouvel Observateur, revue française de gauche laïque, a présenté un imposant dossier sur le sujet dans son dernier numéro (23 décembre). Il faut savoir qu'en Irak, un musulman qui se convertit au christianisme est condamné à mort, que les églises sont mises à feu. En Égypte, «être chrétien, ici, c'est porter un virus, avoir la peste». Dans tous ces pays, les chrétiens sont honnis et menacés. Tous des régimes de haine.
Le Québec n'est pas le paradis. Mais jetons un coup d'oeil à l'enfer d'à côté...
L'auteur a été président-éditeur de La Voix de l'Est en 1988-1989