Un cercle vicieux

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Tous les jours, quelqu'un nous demande si ça va bien.

À ceux et celles qui posent la question avec l'intention sincère de recevoir une vraie réponse, je leur dirais que... je ne le sais plus trop.

Je fais attention à ce que je mange. Je bouge, me couche tôt, passe ma soie dentaire, m'hydrate, etc., mais malgré tout, deux tristes faits jouent contre moi: je travaille de la boîte à poux et, comble de malheur, je le fais assise.

La position assise, paraît qu'il n'y a rien de pire. 

Selon certaines études, celle-ci réduit de sept ans notre espérance de vie. Sept ans! Et ça, même si on fait de l'exercice sur une base régulière. C'est décourageant comme statistique. D'ailleurs, je me demande comment les chercheurs en sont arrivés à ce chiffre. Pourquoi ce n'est pas six ou neuf et demi?

Pour faire renverser la vapeur, il faut varier nos positions au travail et bouger. Je le fais déjà. Je me lève souvent pour remplir mon verre d'eau. En buvant beaucoup d'eau, je dois ensuite me lever pour aller au petit coin. Comme la salle d'eau des femmes se trouve à deux pas de mon bureau, parfois je pousse la machine jusqu'à descendre trois étages pour aller évacuer dans la salle de bain du sous-sol. Une vraie folle, parce qu'après, il faut que je les remonte ces trois étages.

Souvent aussi, au lieu de crier d'un bout à l'autre de la salle de rédaction pour parler à mon patron, je me dégourdis les jambes et je vais le voir dans son bureau. Le midi, j'essaie d'aller dîner à la maison à pied. 

Ainsi, je dois gagner une couple de jours de plus, que je me dis.

Une autre chose qui aide, c'est de s'étirer aux heures ou aux deux heures. Mais ça, qui le fait? Qui prend soin de ses muscles ischio-jambiers entre deux entrevues? Personne. 

Qui pense à se redresser les épaules, la tête et le dos en pitonnant? Pè-re-sonne.

Dans un article sur le sujet (je serais curieuse de savoir si la journaliste qui le signe l'a écrit debout), on nous suggère de s'asseoir sur un ballon d'exercice. Le but est d'adopter une bonne posture et de mettre à contribution nos muscles abdominaux, dorsaux et obliques. 

Faudrait que j'essaie... 

Il y a aussi le bureau qui monte et qui descend, pour alterner le travail debout et assis. La salle en compte un, souvenir d'une ancienne collègue au dos amoché. 

Faudrait juste réaménager mon espace de travail...

Finalement, on nous conseille de mettre une alarme sur notre téléphone pour nous rappeler, à différentes intervalles, qu'il est temps de se remuer.

Je porte une montre FitBit qui, à tout bout de champ, m'invite à marcher. 

Faudrait que je l'écoute davantage...

Aussi, parfois je me demande jusqu'à quel point il faut s'éloigner la face de notre clavier et soulever nos fesses de notre chaise pour que les choses s'équilibrent.  

Mais le vrai problème se cache dans le fait que, justement, je suis assise pour faire un travail qui demande de la concentration. Eh oui, je fais partie du 75% de ceux qui travaillent avec leur tête. Je suis donc loin d'être la seule dans mon cas. À une époque pas si lointaine, ce chiffre était associé à la quantité de gens qui travaillaient physiquement. Voilà d'ailleurs pourquoi les maux sont désormais plus souvent d'ordre psychologique. Mais je m'éloigne.

Il n'est pas toujours évident de se lever aux heures quand on est en pleine période de rédaction, par exemple.

Dans un processus d'écriture, on entre dans notre bulle. Des fois je retarde le moment d'aller aux toilettes tellement je ne veux pas perdre le momentum. Si je me lève, il y a de fortes chances que ce soit l'idée que j'ai en tête qui prenne ses jambes à son cou...




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