Plus perdue que ça...

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) En février 2012, dans une chronique intitulée Sur mon petit nuage, je racontais que je traversais une période trouble côté mémoire. En deux mois, j'avais oublié et égaré plus de choses que pendant toutes les années auparavant. Ce nouveau trait m'effrayait. Mais les choses se sont replacées... et les années ont passé.

On verra dans dix ans si le phénomène est cyclique, mais voilà que j'accumule encore les niaiseries. 

Comme je n'ai pas d'orgueil et que j'aime vous faire sourire en riant de mes travers, voici les deux plus... déstabilisantes.

Honnêtement, je commence à me faire peur.

Un soir, deux amies viennent me rejoindre à la maison avant qu'on sorte manger des sushis. Pour être certaine qu'on ait une place, je demande alors à l'une d'elles d'appeler pour réserver. 

- Appelle chez Saké, que je lui lance, occupée à autre chose.

Une fois sur place, curieusement, il y a eu un p'tit frette comme on dit, quand, en se nommant, ma chum a senti que son nom n'avait pas été pris en note.

- Je viens tout juste d'appeler ! , qu'elle a lancé au jeune homme qui nous accueillait et dont le regard passait de sa liste de réservation aux tables qui l'entouraient dans un mouvement nerveux.

Comme le restaurant était loin d'être plein, il nous a finalement donné le choix de notre table.

Ce n'est que plus tard dans la soirée que j'ai compris son embarras. Plus précisément en lisant une affiche collée sur la porte intérieure de la salle de bain. Chez Kenji, tous nos sushis sont préparés sur commande, à votre goût, disait-elle. 

Ne pas avoir été déjà assise sur la toilette, je mouillais ma petite culotte. On n'était pas chez Saké : on était chez Kenji ! 

Le gars pouvait bien être mêlé. Et nous, les trois nounounes, qui insistions sur le fait qu'on avait pris la peine de réserver.

Oui, mon amie me parle toujours, même si son nom figure désormais sur la liste noire du Saké.

Un matin, en revenant de Bromont, j'arrête mettre de l'essence. En voyant le mythique M jaune de McDo au loin, j'ai soudainement eu envie d'un bon café. Eh oui, je fais partie du 1 % de la population qui n'aime pas le café Tim Hortons. Ne me lancez pas de roches, je l'encourage quand même en achetant, à l'occasion, des beignes au citron - quand ils en ont - et des Timbits.

Bref. Je fais le plein, mets du lave-glace et me dirige vers le service à l'auto.

Une fois devant le tableau de menu numérique pour service au volant, j'ai résisté à l'envie de prendre un oeuf-McMuffin-avec-bacon. Pas de parfait aux fruits non plus. Je me revois lire le menu à voix haute : Timatin, Wrap-matin, gruau maison, etc. 

Non. Je voulais un café, je me limite à un café. Un gros. Quatre laits, avec le sucre à part.

Le jeune dans l'interphone était dans une forme splendide. Je lui ai souhaité, en secret, de conserver cette belle énergie tout son chiffre. À ce rythme-là, aucun être humain ne peut traverser une semaine complète sans souffrir d'épuisement que je me disais. Le soleil dans sa voix va sans doute lui valoir sa photo avec la mention « Employé du mois » un jour. J'ai voulu lui dire une fois au guichet, mais c'est une de ses collègues qui m'a remis mon café, alors...

Comme je conduisais et que je n'avais pas encore ajouté de sucre à mon breuvage (ils en mettent toujours trop), j'ai attendu d'être au bureau pour le boire. 

Inutile de vous dire qu'il était un peu froid à mon arrivée, et vraiment pas si bon que ça finalement. Plus j'en buvais, moins je l'aimais en fait. Et c'est là, en prenant mon verre pour la, quoi, sixième fois, que j'ai vu ce qui était écrit dessus en grosses lettres : Tim Hortons !

Je suis passée au service au volant du Tim sans JAMAIS réaliser que je n'étais pas au McDo. Je vous mets au défi d'essayer ça !

Pour limiter les dommages, j'ai pensé suivre un entraînement intensif pour muscler mes neurones. Mais aux grands maux les grands moyens : j'ai décidé de me tenir loin des restaurants.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer