Ce que les gagnants gagnent...

Puisque les gagnants sont soudainement tout près de... (Janick Marois, archives La Voix de l'Est)

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Puisque les gagnants sont soudainement tout près de nous, du coup, tout le monde s'est mis à rêver grand et à dépenser des millions imaginaires.

Janick Marois, archives La Voix de l'Est

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Le plus gros lot de l'histoire de Loto-Québec a été remporté la semaine dernière par des gens du coin. Des gens comme vous et moi. Comme quoi un jour, effectivement, ça pourrait être à notre tour.

Les chances de remporter le gros lot avec une seule participation est de 1 sur 28 633 528. Faudrait être chanceux en mozus de voir encore quelqu'un de la région repartir avec la cagnotte prochainement.

Si ça arrive, courez vite vous acheter un 6/49 !

Puisque les gagnants sont soudainement tout près de nous, du coup, tout le monde, de Rougemont à Granby, en passant par Ange-Gardien, bien sûr, s'est mis à rêver grand et à dépenser des millions imaginaires.

L'exercice est toujours excitant : gagner plusieurs millions de dollars, on en ferait quoi ?

Quand le sujet revient sur la table, un ami résume chaque fois ses intentions en une seule phrase : « Moi, gagner "le million", je paie mes dettes et avec le 15 $ qui reste, je m'achète une caisse de bière ! »

À chacun ses rêves, que je me dis.

L'autre question qu'on entend chaque fois c'est : avec des millions en poche, on retourne au boulot ou pas ? 

Une des gagnantes du 60 000 000 $ a souligné vouloir continuer à enseigner à son groupe d'ados de 17 ans. Elle a remporté trois millions $. Même chose pour son mari. 

Un prof qui a la vocation, c'est clair que sa place est à l'école. La question que je me pose c'est : ses collègues, eux, sont-ils prêts à ce qu'elle reste au boulot ? Et elle, a-t-elle les reins assez solides pour faire face à tous les commentaires (cons) qui viendront de part et d'autre et à tout bout de champ ?

Car dès maintenant, elle ne pourra plus pousser de petits soupirs qui trahissent sa hâte de voir le week-end arriver. Finies les discussions sur le prix exorbitant du chou-fleur et de l'essence autour de la machine à café. 

Tout ça, c'est ter-mi-né. 

Chaque fois, quelqu'un va lui remettre dans les dents qu'elle aurait l'occasion de se la couler douce à la maison, ELLE. Que trois millions dorment dans son compte à la caisse pop, ELLE. 

Elle devra donc taire ses états d'âme et ses commentaires. Les garder pour ELLE, justement. Triste, non ?

Ce qui me fait dire ça ? L'anecdote suivante. 

Il y a quatre ans, mon chum et moi avons décidé d'envoyer nos filles à l'école primaire privée. Ça nous coûte cher, oui, mais c'est le choix que nous avons fait. Là-bas, les enfants portent un uniforme. Entre les jupes et les pantalons, nos petites ont toujours préféré porter des jupes. Qui dit jupes, dit collants. Vous dire le nombre de paires que j'ai achetées depuis 2013 : c'est innommable ! 

J'ai soupçonné mes filles de collectionner les trous.

Bref, un soir que je chialais à quel point l'achat des ti-collants marine revenait vite, quelqu'un m'a lancé qu'au prix que je payais pour que mes filles fréquentent l'école privée, je devais avoir les moyens de leur payer des collants.

Bouya ! 

L'équation est pourtant tellement simpliste. 

Imaginez maintenant ce que peuvent entendre les gens qui remportent le jackpot.

Cette phrase m'a toutefois fait réfléchir. Dans le fond, quand on gagne à la loterie on gagne aussi, malheureusement, à fermer sa boîte.

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