Sous la nappe

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Mon amie, dont le prénom évoque une douce saison printanière, est ambitieuse. Et elle ne s'en cache pas. La multinationale pour laquelle elle travaille, elle l'aime.

Son désir d'y gravir les échelons vient toutefois avec un horaire chargé, de nombreuses rencontres, beaucoup de kilométrage, une montagne de courriels à gérer et un brin d'insomnie. 

Ajoutez à cela un amoureux compréhensif qui travaille tout autant, deux préados, trois chats et la cabane rénovée au goût du jour à entretenir. Ah oui, il y a aussi les cours d'équitation et de gymnastique les week-ends, les soupers chez papa, maman, beau-papa et belle-maman et quelques rares sorties entre amis. 

Dans son rang de campagne de la région maskoutaine, il n'y a pas que les chars qui passent vite, les semaines aussi.

Quoi? C'est pareil chez vous? Même si vous n'avez pas un poste de cadre, le trafic dans votre portique rend votre vie de famille à la limite pathétique? 

Et si je vous disais que mon amie, ELLE, comme si sa vie n'était pas assez étourdissante, est un tantinet hyperactive. Elle veut toujours tout voir, tout vivre, ne rien manquer, tout savoir et tout raconter.

J'ai parfois peur qu'elle manque d'air tellement elle a de choses à partager. Se voir plus d'une fois par année lui permettrait peut-être de ne pas toujours me parler en lettres attachées...

Quoi encore? Vous vous reconnaissez? Votre vie est un copier-coller de la sienne? C'est le tourbillon qui explique votre manque de temps récurrent? Et si vous manquiez seulement de volonté?

Lors de notre dernière rencontre, mon amie m'a jetée par terre. 

Alors que nos deux familles étaient attablées dans le but de jouer à un jeu de société, j'ai fait une drôle de découverte. Sous sa nappe posée sur sa table de cuisine se trouvait un casse-tête.

- T'as le temps de faire des casse-têtes? TOI?

- Ça me détend, qu'elle me répond le plus sérieusement du monde en s'empressant d'aller chercher la boîte de son jeu de patience morcelé en milliers de morceaux. L'image à reproduire était celle d'un grenier où, dans un joyeux bordel, des meubles, des jouets et d'autres gugusses se partageaient l'espace. 

Même si son activité fait un peu «vieillot» (je sais, le tricot est super in), je trouve ça merveilleux que mon amie occupée - comme tout le monde, vous l'aurez deviné - ait réussi à trouver ce qu'on pourrait appeler «sa petite évasion». 

Pour une c'est le jogging, l'horticulture ou l'origami. Pour l'autre c'est le ski de fond, les mots croisés ou la cuisine. Qu'importe. 

L'idée c'est de prendre du temps pour soi.

C'est d'ailleurs ce que je souhaite à tout le monde pour 2017: du temps. Des minutes ou des heures que vous investissez dans ce qui vous détend. Dans ce qui vous fait du bien. Ce qui vous libère la tête. 

Le secret? Arrêter donc de vous la casser, justement.

Bonne année!

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