L'ABC du X

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Une amie qui fait jouer de bons vieux hits dans une radio diffusée à travers la Montérégie a reçu le courriel d'un auditeur en début de semaine. Le monsieur disait ne pas comprendre pourquoi elle n'allait pas travailler dans une « grosse radio à Montréal ».

C'était sa façon à lui de manifester son admiration. De lui dire qu'il appréciait sa voix. Qu'il aimait l'entendre.

Mais visiblement, dans son livre à lui, les grandes radios montréalaises, c'est le summum. Le boutte du boutte, comme on dit. Pour lui, ceux qui y ont un micro ont réussi dans'vie.

Diplomate, l'animatrice lui a répondu (en passant, on ne dit pas « elle lui a répond », phrase trop souvent entendue, à tort, dans le domaine du commerce de détail) qu'après avoir oeuvré dans la métropole pendant près de 20 ans, elle trouvait que les possibilités y étaient limitées.

« Dans le fond, la réussite familiale est beaucoup plus importante que la réussite professionnelle », qu'il lui a donc lancé.

What ?

Pourquoi le fait de choisir de ne pas aller gagner sa vie à Montréal est souvent perçu comme un manque d'ambition ?

Cette rengaine, je l'ai entendue trop souvent. Même de la bouche de confrères journalistes qui priaient le p'tit Jésus le soir venu pour qu'un « grand » quotidien prestigieux vienne les recruter. Comme si nous, les autochtones qui souhaitons rester dans notre patelin pour travailler, étions des tatas sans vision d'avenir.

« Où est-ce que j'ai laissé entendre que je n'avais pas l'impression d'avoir réussi professionnellement ?», s'est demandé ma chum.

La réussite, c'est personnel et différent pour chacun, qu'elle considère.

Et avec raison.

Pour certains, réussir c'est de posséder un compte en banque bien garni. Pécule parfois amassé au détriment de nombreux soupers en famille les soirs de semaine. Pour d'autres, c'est de jouir d'une qualité de vie. D'arriver à un équilibre entre la vie professionnelle, familiale, sociale et sportive.

Prenez mon amie animatrice, par exemple. Après avoir travaillé dans diverses stations, elle considère aujourd'hui être rentrée à la maison. Son expression pour dire qu'elle est bien là où elle se trouve est qu'elle est désormais « sur son X ».

« La réussite prend tout son sens quand on est dessus ! », dit-elle.

Tellement.

Personnellement, je pense aussi être sur mon X.

Comme elle, j'aime mon métier et les défis qu'il met sur ma route. J'aime les gens avec qui je le pratique au quotidien. J'aime mon horaire et la flexibilité qu'il me permet. Oui, mon amie et moi aurions sans doute un plus gros salaire à Mourial, mais pour ça, il faudrait qu'on se tape la

10 soirs et matins et tout le tralala que ça implique. Non merci !

Réussir dans la vie ne se résume pas à avoir sa grosse face sur des panneaux en bordure de l'autoroute ou sur un derrière d'autobus.

Tout le monde sait ça.

Réussir dans la vie, c'est d'abord aimer ce qu'on fait, et ce, peu importe ce qu'on fait et où on le fait. Le tout en pouvant, en parallèle, voir des amis, s'asseoir le temps d'un casse-tête avec les enfants, prendre une marche dans le bois, aller au cinéma, cuisiner, voyager en famille, faire la grâce matinée, etc.

Bref, c'est d'atteindre l'équilibre.

Voilà ce qui rapproche du bonheur.

Être heureux dans la vie, dans ce qu'on fait et dans ce qu'on est, voilà la plus belle des réussites.

En cette nouvelle année qui approche, c'est ce que je vous souhaite, chers lecteurs, l'équilibre. Et la santé, car elle permet toutes les réalisations.

Trouvez votre X !

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