Mon amie Ginette

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Il y a dix ans, plus précisément le lundi 11 décembre 2006, je célébrais mon 31e anniversaire de naissance.

Toute la journée, le téléphone n'a pas dérougi.

Une seule amie ne m'a pas appelée ce jour-là.

Jamais je n'analyse ou ne fais le décompte de ceux et celles qui prennent le temps de me joindre, mais cette année-là, je trouvais douteux qu'elle ne donne pas de coup de fil.

Ce n'était pas dans ses habitudes de ne pas donner de signe de vie.

Cette amie pensant toujours aux autres. Tout le temps.

Le coeur, elle l'avait sur la main.

Elle venait de prendre sa retraite en plus. Ce n'était pas qu'elle manquait de temps ! C'était la première année qu'elle ne pouvait pas me souhaiter bonne fête simplement en s'étirant le cou. M'appeler était sa seule option. Malgré tout, pas de nouvelles le 11. Le lendemain, pas plus.

C'est allé au 13 avant que je comprenne son silence.

Ginette Laurin venait de mourir. À 56 ans.

Elle luttait depuis quelques jours contre une bactérie destructrice. Ginette n'a pas succombé au cancer du sein. Cette vilaine maladie, elle lui avait donné toute une raclée quelques années auparavant. Parce que Ginette c'était une femme forte. Une battante. La retraite, elle voulait en profiter. Avec ses petits-enfants. Dans ses fleurs. Avec son monde.

Cette triste nouvelle a complètement ébranlé la bâtisse et les artisans de La Voix de l'Est.

Comment une personne comme Ginette, qui agissait comme un phare pour plusieurs, pouvait-elle ainsi s'éteindre ?

C'était inconcevable.

Déjà dix années sont passées depuis son départ.

Une décennie au cours de laquelle sa famille s'est élargie de deux belles petites-filles. Une Daphnée et une Emma qui l'auraient rendue folle de joie.

Dix ans pendant lesquels Le Plus, son bébé devenu le mien à sa retraite, n'a jamais cessé d'évoluer. Chaque semaine, je fais en sorte d'honorer sa mémoire dans les pages de ce journal. Ginette était chaleureuse, ouverte aux autres et à l'écoute. Elle se portait toujours à la défense de ceux avec qui la vie était peut-être moins douce. Elle offrait une tribune à celles qui ne possédaient pas de porte-voix. Des valeurs chères au coeur de l'hebdo. Ginette a su donner une âme à ce journal. Une personnalité, une couleur que j'ai toujours conservée précieusement.

Mon métier de journaliste, mon penchant humaniste, c'est à ses côtés que je les ai forgés. J'ai eu la perle d'or des mentors !

Ginette était une grande femme et une très bonne amie.

Quand je pense à elle, j'entends des rires.

Les nôtres, mais surtout les siens.

Personne ne peut oublier l'humour et le sens de la répartie de cette belle âme radieuse et généreuse.

Il n'y en avait qu'une comme elle.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer