Une vie en chansons

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Un jour, au terme des funérailles du grand-père d'une amie, alors que le cercueil était porté vers la sortie de l'église, je suis restée sans mots en entendant Willie Nelson chanter On the road again.

Pas que ce succès du Texan me dérange. C'est juste que c'était la première fois que j'entendais du country résonner dans un lieu saint et, du coup, faire office de touche finale à une cérémonie religieuse. Ça détonnait.

Mais après coup, j'ai aimé l'idée que la famille du défunt respecte ses choix musicaux.

J'ai applaudi l'audace.

Lui, le grand-père, il aimait ça le Nashville sound.

Je suis certaine que quand ses proches allaient le visiter, c'est ce qui jouait en sourdine dans la maison. Pour lui faire un clin d'oeil, sa famille en a fait jouer alors que les gens quittaient l'église. Peut-être aussi que l'aïeul en avait fait la demande avant de mourir. Je ne sais pas.

Ce que je sais toutefois, c'est que cet exercice douloureux de choisir des chansons qui berceront notre service funéraire (beurk!), devrait être fait par tout le monde.

C'est ce que je me disais le week-end dernier, alors que je revenais justement de funérailles toutes simples, mais fort touchantes. La question me tiraillait tellement que j'ai failli faire un croche chez mes parents, en passant, pour les sommer de dresser leur playlist funèbre devant moi, sur-le-champ!

Prenons par exemple mon père. Qu'est-ce qu'il écoute, mon père?

Eh bien, il écoute Plume Latraverse, Damien Robitaille, Elvis et Nino Ferrer, pour ne nommer que ceux-là. Va falloir que j'en parle sérieusement avec ma mère et ma soeur, car il n'est pas question que l'on fasse jouer Bobépine, On est né nu ou encore Les Cornichons à son décès.

Comme il siffle toujours la chanson thème du film Le Parrain (The Godfather), on pourrait la faire jouer. Mais ça en prendrait plus...

Je sais. Il existe de grands classiques. Des incontournables qui viennent nous chercher jusque dans nos tripes. Mais pour donner une touche plus personnelle à la cérémonie, mieux vaut laisser une trace quelque part que je me dis.

Je pense mettre mon monde là-dessus dans le temps des Fêtes, entre une joute des Aventuriers du rail et l'écoute d'un film à Ciné-Cadeau.

J'estime qu'on ne peut jamais être trop organisé dans la vie.

Une fois submergé par la tristesse, personne n'a envie de se taper la discographie de Ginette Reno ou de Johann Sebastian Bach pour trouver une toune.

Comme le simple fait de faire mon testament m'a donné des haut-le-coeur il y a quelques années, je ne suis pas allée jusqu'à dresser la liste de la musique que je voulais «entendre» à mes funérailles.

Mais comme je suis prise d'un vertige à l'idée qu'on fasse jouer Con Te Partirò d'Andrea Bocelli à mon départ voici, en gros et en musique, ce qui me représenterait bien.

Des incontournables: La valse de l'idiot de Michel Rivard et Comptine d'un autre été tiré du film Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain. Il faudrait aussi une pièce de Loreena McKennitt histoire d'envelopper les gens présents de sa douce voix. Un petit bout de musique instrumentale volé aux albums The Mask and the Mirror ou encore The Book of Secrets, ça serait parfait. Toujours pour mettre de «l'ambiance» pendant la cérémonie, j'aimerais One's Man Dream de Yanni. S'il reste du temps, ça serait bien de faire jouer L'amitié, de Françoise Hardy et Amazing Grace, parce que je trouve ça beau. Surtout chantée, comme dans le temps, par un choeur Gospel.

Après réflexion, c'est bon, vous pourrez demander à quelqu'un de chanter l'Ave Maria de Schubert.

Pour une fois, la vilaine ne me tirera pas de larmes dès ses premières notes.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer