À propos d'une lettre de M. Gilles Jarret

J'ai lu votre lettre «Foi?» parue dans La Voix de l'Est du 15 juillet,... (123RF)

Agrandir

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

J'ai lu votre lettre «Foi?» parue dans La Voix de l'Est du 15 juillet, répondant à celles de Guy Durand et d'André Beauregard. Je dis tout de suite que j'endosse totalement l'analyse brillante de M. Durand. Je suis également d'accord (avec quelques réserves) avec l'opinion de M. Beauregard.

Je constate, avec plaisir, que vous croyez aux valeurs héritées de vos devanciers. Ces valeurs «de partage, d'engagement social, de tolérance, de fidélité, de paix, d'égalité, de respect», auxquelles vous adhérez, sont en fait, des valeurs chrétiennes «devenues communes» comme l'a déjà indiqué Guy Durand. En effet, elles résument le message évangélique toujours actuel du «aimez-vous les uns les autres». Cette adhésion à ces valeurs essentielles vous honore, même si vous semblez oublier leur origine chrétienne.

Quant aux atrocités commises jadis par les Églises auxquelles vous faites allusion, elles sont hautement condamnables. Cependant, sans vouloir les excuser, je vous ferai remarquer qu'elles datent de quelques siècles, alors que la violence, les guerres et les massacres germaient de partout. Et les Églises ne furent pas les plus barbares de ces époques. Il est toujours difficile de juger un passé lointain avec les critères d'aujourd'hui.

Et un aspect important de votre article m'agace. Vous dites que «l'enseignement religieux traditionnel... nous a bernés pendant tellement d'années avec toutes sortes d'histoires non vérifiables». Ayant eu la chance unique d'étudier quelques années en sciences religieuses à l'Université de Montréal et d'avoir fait partie de l'équipe de catéchèse (laïque) du diocèse de Montréal, je ne crois pas avoir berné qui que ce soit. J'ai honnêtement essayé de faire évoluer cet enseignement en sortant des «sentiers battus» et en m'inspirant des recherches les plus sérieuses de l'époque. Mépriser l'enseignement religieux du temps, c'est mépriser une foule d'éducateurs sincères qui se sont adaptés aux changements de la «Révolution tranquille» et aux autres bouleversements de la société. L'enseignement religieux n'existe plus dans les écoles, mais les valeurs chrétiennes demeurent. C'est là l'essentiel.

Celui qui n'est pas aveugle constate chaque jour que le mystérieux, l'inexplicable existent. La science ne connaît pas tout, elle se bute toujours au mystère. Le mot «foi» (fides en latin) implique l'idée de «se fier». Le chrétien est celui qui, malgré tout, se fie et adhère au mystère. Le chrétien est aussi celui qui doute, mais fait confiance. Je me suis toujours méfié des possesseurs de la vérité-toute-la-vérité, qu'ils soient croyants ou incroyants.

Émile Roberge

Granby

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer