Oui ou oui à un dernier référendum?

Les Québécois, selon Jean-François Lisée et les sondages, n'en veulent pas de... (Archives, La Voix de l'Est)

Agrandir

Archives, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Les Québécois, selon Jean-François Lisée et les sondages, n'en veulent pas de référendum, mais peut-être en voudraient-ils si le Parti québécois offrait, étant élu en 2018, d'en tenir un dans le mandat et que celui-ci permettait à la fois de se débarrasser des libéraux et, du même coup, de régler, une fois pour toutes, la question nationale.

C'est la proposition audacieuse et courageuse de Nicolas Marceau et de la jeune indépendantiste et présidente du Bloc québécois, Catherine Fournier, faite aux aspirants à la chefferie du Parti québécois les 31 mai et 7 juin dans les pages du Devoir.

Pour ces deux partenaires de génération différente, régler la question nationale peut se faire en offrant deux choix aux Québécois lors du prochain référendum. L'un de dire Oui à un nouveau pays, le Québec, ou l'autre de dire Oui au maintien du pays actuel, le Canada. Les souverainistes défendant leur option avec les meilleurs arguments, et de même pour les fédéralistes.

Malgré le risque de perdre définitivement la mise pour l'un ou l'autre des camps, de jouer le jeu référendaire de cette façon comporte un certain nombre d'avantages. Le premier: en concourant pour le maximum de Ouidans chacun des camps, il assure un positivisme de bon aloi, au moins au départ d'une éventuelle campagne référendaire. Le deuxième: les deux camps devront s'entendre sur les deux questions à être posées aux Québécois. Le troisième: les deux camps devront convenir dupourcentage acceptable pour rendre un Oui gagnant. Le quatrième: les deux camps devront s'entendre sur toutes les règles référendaires à établir préalablement. Le cinquième: puisqu'il est convenu au départ de la course que la victoire de l'un ou l'autre des camps est finale et sans appel, la collaboration du camp perdant est assurée pour aider à la mise en oeuvre du projet du camp gagnant.

 Une telle joute référendaire aurait donc théoriquement des avantages fort intéressants. Mais pour l'instant, seule Martine Ouellet, à titre d'aspirante à la chefferie voulant aussi un référendum dans un premier mandat, n'a pas rejeté catégoriquement cette proposition Marceau-Fournier, quoiqu'elle trouve l'affaire «compliquée».

Et elle l'est effectivement. Parce qu'il s'agirait pour le Parti québécois de tout miser dans un dernier référendum. Parce qu'un Parti québécois indépendantiste qui dans son référendum à deux questions légitimerait un Oui possible au statu quo constitutionnel serait plutôt contre nature, celui-ci étant par définition à proscrire.

Ma conclusion. Je dis oui à cette approche à deux questions pour un dernier référendum à condition que les deux options puissent représenter un bien. Parce que choisir entre deux biens serait, bien sûr, idéal pour éviter de diviser encore la société. Mais pour ce faire, le Parti québécois devrait déterminer à quelles conditions de renouvellement le fédéralisme canadien serait minimalement acceptable et, de ce fait, faire l'objet d'une question dans son propre référendum.

 

Denis Forcier

Shefford

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer