Objectif: vivre ensemble (2e partie)

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Or, la diversité des écoles primaires et secondaires permet-elle aux enfants et aux adolescents qui fréquentent des écoles si différentes de développer leur capacité de «vivre ensemble» ou si, inconsciemment, elle n'encourage pas implicitement une forme de repliement sur eux-mêmes, une forme de ghetto?

Archives, La Presse

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La Voix de l'Est

La diversité des écoles primaires et secondaires au Québec pourrait sembler être un élément intéressant et positif dans le monde de l'éducation, mais, est-ce vraiment le cas? La réflexion qui sous-tend tout projet éducatif d'une institution scolaire regroupe inconsciemment à la fois une définition de l'être humain idéal et une définition de la société idéale. Un projet éducatif devrait normalement répondre aux questions suivantes: quelle sorte d'hommes et quelle sorte de femmes voulons-nous former? Quel genre de société voulons- nous bâtir?

Tous les êtres vivants qui appartiennent au monde végétal, animal et humain sont d'abord et avant tout des êtres de relation avec l'environnement qui les entoure et avec leurs semblables. Les relations harmonieuses sont la base même de la cohésion d'une société et celle-ci ne peut se dispenser de cette obligation sinon, elle va à sa perte. La cohésion sociale est une condition essentielle non seulement à la survie, mais à la qualité de vie de la race humaine. Par conséquent, le rôle premier de l'éducation et des institutions scolaires et du système scolaire tout entier consiste essentiellement à développer chez les enfants et les adolescents la capacité d'entrer en relation avec l'environnement social et écologique.

Or, la diversité des écoles primaires et secondaires permet-elle aux enfants et aux adolescents qui fréquentent des écoles si différentes de développer leur capacité de «vivre ensemble» ou si, inconsciemment, elle n'encourage pas implicitement une forme de repliement sur eux-mêmes, une forme de ghetto?

Avons-nous déjà jeté un regard sur la multitude d'écoles au Québec? École publique avec le programme international et école publique avec le programme ordinaire; école publique ouverte à tous et école privée avec des critères de sélection; école publique non confessionnelle et école privée confessionnelle (catholique, musulmane, juive, etc.); école nouvelle avec équipement moderne et école ancienne en désuétude; école bâtie en milieu urbain et école bâtie en milieu rural; école bâtie dans un quartier riche et école bâtie dans un quartier défavorisé; école avec concentration artistique et école avec concentration sportive; école avec concentration scientifique et école avec concentration linguistique; école publique regroupant un grand nombre d'élèves de nationalités différentes et écoles privées ethniques (françaises, grecques, italiennes, arabes, indiennes, etc.).

Nous devons être critiques face à la montée du communautarisme qui est déjà passablement installé au Québec. La paix sociale est en jeu. C'est pourquoi dans tout projet éducatif, l'accent devrait être mis sur une priorité: apprendre aux enfants à «vivre ensemble» avec tous les autres qui leur ressemblent et avec tous les autres qui ne leur ressemblent pas. La route la plus élémentaire pour atteindre cet objectif essentiel à la race humaine se trouve dans la rencontre de l'autre et dans le dialogue avec celui-ci. La multiplicité des factions favorise au contraire la croissance de préjugés de tout genre. Se faire proche de l'autre permet de mieux le connaître et rend extrêmement difficile par la suite les réactions irrationnelles de peur et de rejet, deux causes importantes de dissension.

 

André Beauregard

Shefford

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