L'art de la négociation

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Je ne sais pas où M. Dionne a pris ses renseignements concernant le coût des pansements, mais lorsqu'on me dit que je dois débourser 100 $ pour un pansement, je réponds: «Non merci, trop cher.»

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La Voix de l'Est

Une belle lettre de M.Jacques Dionne - à propos de l'austérité - a été publiée en ces pages mardi dernier.

Se basant sur son expérience où une personne hospitalisée devait changer des pansements d'une valeur de 100 $ chacun protégeant la suture suite à une intervention chirurgicale, M. Dionne se disait en faveur de payer plus pour les soins actuels, plutôt que de transférer les coûts à nos enfants et petits-enfants. J'imagine que M. Dionne faisait référence aux budgets déficitaires des gouvernements qui sont généralement préconisés par les amateurs du socialisme.

En fait, les amateurs du socialisme nous diront probablement qu'ils favorisent plutôt une redistribution de la richesse en exigeant un plus grand effort fiscal aux plus riches d'entre nous pour payer les factures.

Ce qui me fascine dans ce genre de discussion, c'est à quel point les gens s'attardent à la question suivante: QUI doit payer? Moi je préférerais qu'on s'attarde plutôt à celle-ci: COMBIEN paie-t-on pour ce qu'on achète?

Je ne sais pas où M. Dionne a pris ses renseignements concernant le coût des pansements, mais lorsqu'on me dit que je dois débourser 100 $ pour un pansement, je réponds: «Non merci, trop cher.» Imaginez que je peux acheter des couches de bébés pour une valeur qui varie entre 25 ¢ et 67 ¢ la couche. Bon, une couche n'est pas un pansement, mais c'est semblable et c'est composé entièrement de matériaux de haute technologie et c'est considéré par la plupart des gens comme étant déjà très coûteux (par exemple, comparé à un simple tissu de coton qui a déjà été utilisé autant pour les couches que pour les pansements). Comment peut-on justifier un coût qui passe de quelques sous à 100 $?

Tout s'explique aisément lorsqu'on voit les profits faramineux dans le domaine médical.

Et si un gouvernement qui gère une partie de mon argent est responsable de ces achats, je m'attends à ce qu'il questionne et négocie avec la même ferveur. Ce n'est pas parce qu'un vendeur demande un certain prix que nous sommes obligés de l'accepter. En fait, cette anecdote nous rappelle les toilettes à 500 000 $ au centre-ville de Granby où nos dirigeants préféraient convaincre les citoyens d'accepter le prix demandé plutôt que d'affronter les fournisseurs.

La véritable austérité, ce n'est pas se priver d'une chose pour s'en payer une autre. Ce n'est pas non plus travailler plus pour payer le prix demandé. L'austérité dont on a besoin en ce moment, ça devrait être de questionner le prix demandé. Nul besoin de compétences spécifiques pour ce faire. Si le vendeur arrive au volant de sa voiture de luxe, on n'hésite pas à dire: «C'est donc ben cher! J'ai pas les moyens de me payer ça!» Car lui, il a assurément les moyens de baisser son prix.

Si les gens négociaient mieux lorsqu'ils achètent, nous n'aurions probablement pas besoin de parler de redistribution de la richesse.

 

Denny O'Breham, Granby

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