Vocation

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Désirée commence son congé de maternité, et clairement elle ne semble pas vouloir prendre ça relax.

Prenez mercredi. Au menu: courses, balayeuse, peinture, lavage et cuisine, tout cela en étant enceinte de huit mois. À 17 h, c'était écrit dans le ciel, elle faisait un burn-out. Ben non, c'est une blague. Mais son bas du dos la faisait souffrir plus que jamais.

Je lui dis «prends ça mollo, prends exemple sur moi quand j'ai été en congé après mon opération au genou...» J'avais adopté une philosophie que j'avais lue quelque part, je crois que c'était dans un livre dont l'histoire se passait aux Antilles: tout doucement le matin, pas trop vite l'après-midi et le soir, on se repose.

C'était pas si pire que ça, mais disons que certains jours, j'ai été aussi actif qu'une mouche en hiver.

Ma blonde ne suit pas cette tendance. À mon avis, c'est à mettre sur le compte de la déformation professionnelle. En tant qu'enseignante, elle est habituée à en faire beaucoup. Par exemple, je l'ai rarement vue passer un week-end sans corriger, planifier, écrire... Les soirs de semaine aussi. Elle a donc un grand vide d'efficacité à combler.

On se plaint facilement des profs. Qu'ils ont des conventions béton, qu'ils ont trop de congés pédagogiques, qu'ils ont deux mois de congé par année... Ah, les deux mois de congé par année! Qu'est-ce qu'ils en entendent parler! Je pourrais vous dire que c'est un leurre et qu'en fait, ces deux mois sont à leurs frais puisque leur salaire de 44 semaines est étiré sur 52, mais probablement que je ne vous convaincrai pas.

Je peux seulement vous dire que je rencontre de plus en plus d'enseignants et que, même s'ils ne sont pas sans défaut, ils ont une chose en commun. Leur travail leur tient beaucoup à coeur.

Je n'ose pas parler de vocation parce qu'un président de syndicat m'a déjà dit que ce mot implique une certaine forme de résignation. Si t'as la vocation, on peut te faire endurer n'importe quoi et pour lui, c'était une invitation aux abus. Au début j'ai trouvé ça bizarre, mais en y repensant c'est plutôt logique.

Cette chronique ne vise pas à influencer le gouvernement - de toute façon, la seule personne que je réussis à influencer est mon collègue Maxime Massé, pour qui je ne suis rien de moins qu'un héros - ni à lui dire comment il devrait négocier.

Mais de grâce, soyez magnanime envers les enseignants. Ils endurent nos enfants, c'est pas rien.

Sandwich au thon

Une femme enceinte en congé de maternité, ça n'a pas que du bon. Quand une amie vient nous visiter, elles se mettent soudain à parler TRÈS OUVERTEMENT d'écoulements, de sécrétions, de dilatation... tout ça pendant que j'essaie de manger mon sandwich au thon. Bientôt, j'ai peur que ce soit les déjections du poupon qui meublent nos conversations de repas. On ne s'en sortira pas.

Puisqu'on est dans le vif du sujet, j'ajoute que lors d'une récente visite à la piscine municipale, le bain libre avait été retardé pour cause, nous a-t-on dit, d'un «accident fécal» causé par un visiteur distrait.

J'ai trouvé que c'était une façon très élégante d'appeler un événement qui ne l'est pas du tout.

Déboulée

L'Association pour le soutien et l'usage de la langue française, basée à Québec (comment pourrait-elle exister ailleurs?) recommande de dire «wa-ter-lôô» ou lieu de «oua-theûr-louu», qui est la façon anglaise de le prononcer, et aussi de remplacer le Red Bull Crashed Ice par La Grande Déboulée Red Bull.

Bonne idée, mais pourquoi s'arrêter là? Je propose que la future compétition de «fat bike» de Bromont s'appelle Le Vélo Gras. Comme ça, je me sentirai moins gêné d'y participer.

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