La folie des lutins

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Dans mes archives, rien.

Absolument rien sur la magie que Grelot, notre joli lutin coquin, faisait naître chaque matin dans notre demeure une fois décembre arrivé.

Pourquoi? Tout simplement parce que cette chronique a fait relâche au cours des trois dernières années à l'aube du temps des Fêtes. Dans le cas contraire, je vous aurais fatigué avec l'émerveillement de mes filles devant les gaffes et les folies de notre charmant visiteur chaussé de petites raquettes. Je le trouvais trop mignon. Trop chououououou!

Faisant à peine 12 pouces, Grelot était le dernier lutin disponible dans tout Granby il y a quatre ans. Je l'ai déniché à minuit moins une, alors que mes filles complotaient dans mon dos pour me remplacer par une vraie mère. Cette année-là, le petit tannant s'est amusé à concocter des cupcakes en enfarinant les comptoirs (et le plancher) de la cuisine. Il a décoré le sapin des petites culottes des filles. Il s'est fabriqué une balançoire avec le luminaire de la salle à manger et une banane. S'est bâti un fort en rouleaux de papier de toilette.

Que de beaux moments en sa compagnie. C'était magique! Le petit coquin a sévi pendant deux ans avant de laisser sa place à un nouveau venu l'an dernier. Histoire de faire changement, une amie et moi avions échangé nos petits farceurs. Les enfants n'y ont vu que du feu.

Cette année, comment dire, j'aurais aimé repousser la date de son arrivée. En vrai, je passerais mon tour. Après trois ans, je manque un brin d'inspiration. Tellement que j'ai pensé masquer Christine de mes amies Facebook jusqu'en juillet tellement elle me remet ma lâcheté en pleine face avec son maudit Gribouille. Il n'y a rien qu'il ne fait pas l'espèce de Gribouille. Quand il ne dessine pas des Minions sur des bananes, il donne la picote aux Poupoules de Cri-Cri. Y m'énaaarve!

Jusqu'à lundi, ma petite n'en faisait pas de cas des maudits lutins. Je me disais «Yes! Si on tient ça mort, on va peut-être s'en sauver!» C'est qu'il revient souvent à la mère, je ne sais par quel sortilège, de penser aux tours que jouera le lutin. TOUS LES SOIRS jusqu'au 24 décembre. Même si depuis l'an dernier j'ai l'aide de ma grande de 11 ans qui ne croit désormais qu'en la Fée des dents ($), dont elle accumule les dons pour magasiner au Garage, cette année ÇA NE ME TENTE PAS!

Le regard qu'on s'est lancé, ma grande et moi lundi quand, en montant dans l'auto après l'école, ma petite nous a annoncé fièrement qu'elle allait investir sa soirée à fabriquer le piège pour attraper un lutin. «En arrivant!», qu'elle a ajouté, décidée.

Des amis en avaient parlé dans la classe. (Grrrr!) Pour les aider dans leur chasse, l'enseignante avait même saupoudré de la «poudre magique» sur leur bureau dans la journée. «Super!», que je lui ai dit en arborant un sourire forcé et en sacrant intérieurement.

Que faire? M'écouter allait donner naissance à une mer de larmes et faire de moi la pire mère du monde entier. Nous lancer, encore, dans l'aventure, et ce, dès le 1er décembre allait, d'un autre côté, me rendre complètement folle.

Je devais trouver un compromis, car ma petite débrouillarde a vite fait de transformer mon bac de linge sale en un piège rempli de pépites de chocolat blanc.

Grelot est revenu lundi soir.

Il a gribouillé un mot aux filles sur un bout de papier. «Je suis passé. Je reviendrai avec la première neige», qu'il leur a dit avant de faire un selfie et de laisser traîner des crayons-feutres et le iPad dans le salon.

Moi et ma légère culpabilité espérons maintenant qu'El Niño attendra à la mi-janvier pour nous envoyer la première bordée...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer