Le CALACS invite la Ministre Vallée...  à comprendre quelque chose !

La ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée.... (La Presse Canadienne)

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La ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée.

La Presse Canadienne

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La Voix de l'Est

Dans un article paru dans La Voix de l'Est, la ministre Stéphanie Vallée y va d'une déclaration-choc: «J'invite les femmes qui sont victimes d'agressions sexuelles à porter plainte parce que c'est d'abord et avant tout un acte criminel, et par la suite, la façon dont le dossier sera traité appartiendra au directeur des poursuites criminelle et pénale...» Et bien le CALACS tenait à répondre à la ministre Vallée.

Madame la ministre, vous insistez sur l'importance de laisser le système judiciaire traiter les cas d'agression sexuelle. Or, comme vous devriez bien le savoir, la violence sexuelle c'est d'abord et avant tout un problème de société qui se doit d'être traité par l'ensemble de la société. Sachez que le volet justice à lui seul ne réglera pas tout, désolée!

De plus, ce fameux système de justice n'est malheureusement pas fait pour l'intérêt des victimes d'agression sexuelle, nous l'avons bien compris depuis longtemps.

Encore aujourd'hui, des femmes qui portent plainte se font rabrouer par certains policiers (nous disons bien certains). Un exemple? Un policier qui dit à une victime de viol: «Oui mais madame, vous avez accepté de monter chez lui, il ne vous a pas traîné de force à ce que je sache?» (Légère insinuation qu'elle est responsable de ce qui lui est arrivé). Nous au CALACS, nous n'avons jamais lu ou vu une loi qui dit: «Si vous monter chez quelqu'un, ça veut dire que vous devez coucheravec.» Jamais. Malheureusement, certains pensent que c'est un automatisme.

Encore aujourd'hui, des femmes qui portent plainte se voient détruire par certains avocats de la défense qui utilisent toutes les techniques possibles afin de prendre la victime dans un coin, d'arriver à la rendre non crédible... Un exemple? «Mademoiselle, le professeur qui vous a agressée était-il circoncis?» Une jeune fille qui se fait agresser par un homme se retrouve en mode survie. Le cerveau la plupart du temps disjoncte un peu, question qu'elle se dissocie afin d'endurer l'intolérable (on appelle ça un mécanisme de défense). Pensez-vous vraiment que la jeune fille a pris le temps d'analyser le pénis en érection de monsieur?

Encore aujourd'hui, des femmes qui portent plainte se heurtent à des commentaires inacceptables de la part de certains juges. Un exemple? Un juge dit à une jeune femme qui a été violée: «Pourquoi n'as-tu pas gardé tes genoux ensemble?» Ce que dit implicitement le juge c'est que c'est de sa faute si elle a été violée parce qu'elle n'a pas gardé ses genoux collés. Un juge...

Encore aujourd'hui, des femmes qui portent plainte consacrent 3-4 années de leur vie au processus judiciaire. C'est long quand ton agresseur est toujours en liberté...

Encore aujourd'hui, des femmes qui portent plainte ne sont pas crues et elles voient leur agresseur innocenté par manque de preuve.

Madame la ministre, à peine 10 % des femmes victimes d'agressions sexuelles portent plainte.

Les victimes d'agressions sexuelles ne sont pas des dossiers, madame la ministre. Respectez le choix des victimes dans leur façon de faire face aux agressions. Au CALACS, nous accompagnons les femmes dans leur choix de porter plainte ou non. L'éducation, la prévention et la sensibilisation sont à notre avis des incontournables en matière de violence sexuelle!

Sophie Labrie, pour le CALACS de Granby

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